mercredi 26 juillet 2017

«Il faut penser à un bac plus scientifique»

- Le taux global de réussite au bac 2017 est de 56,07%, en augmentation comparativement à celui de 2016 (49,79%). Y a-t-il des raisons d’être euphorique, ou s’agit-il d’un taux loin de la réalité ? En ma qualité de pédagogue, je n’ai aucune raison d’être heureux. Je ne suis pas non plus d’accord ni heureux de l’organisation de la deuxième session. Il s’agit d’un bac bâclé. Ce n’est pas de cette façon qu’il fallait organiser cet examen. Il est inadmissible de donner une seconde chance aux retardataires, ils devaient être sanctionnés, d’autant plus que la majorité sont des candidats libres. Des retardataires restent des retardataires. Le gouvernement a dépensé inutilement de l’argent. L’Algérie n’a jamais organisé une deuxième session pour les retardataires, pourquoi l’avoir fait alors ? On encourage les retardataires. Et nous avons aujourd’hui un bac pas fiable. Politiquement et pédagogiquement, c’est une démarche refusée, mais quand la politique s’en mêle… - Nous constatons chaque année que le nombre d’absents est toujours élevé dans les rangs des candidats libres. Ne pensez-vous pas qu’il est temps de lancer une réflexion sur cet accès libre à l’examen à n’importe quel âge ? Il faut limiter le nombre des candidats libres et faire en sorte qu’ils soient suivis et contrôlés pendant l’année. 90 000 candidats libres ! Ils se moquent du diplôme du bac. Je pense qu’il existe tant de choses à faire, il faut sûrement consulter les enseignants. Cette année, nous avons simplement offert une chance en or à ces candidats qui n’ont, tout au long du l’année, pas fréquenté les classes ni les établissements. On les a même récompensés avec cette 2e session. Et cela pourrait entacher l’organisation et la crédibilité du bac qui devient malheureusement de moins en moins fiable. - Pourtant, vous êtes l’un des défenseurs d’un bac en deux sessions… Absolument, mais pas de cette manière. J’avais proposé au ministère de l’Education nationale de se pencher sur mon idée qui est un bac en deux parties. Autrement dit, en 2e AS (deuxième année secondaire), par exemple, le candidat doit être examiné en langue étrangère, puis il pourra ensuite axer ses efforts sur des matières scientifiques (maths, physique, sciences) en 3e AS. L’idée, aujourd’hui, est de réfléchir comment valoriser les sciences sociales. Et également, je ne vois pas la nécessité d’être examiné en sciences islamiques. Cette matière ne doit pas figurer dans le calendrier des épreuves du bac, sauf si elle est introduite dans les sciences sociales et elle doit aussi être validée en première partie de l’examen. Car, aujourd’hui, il faut penser à un bac plus scientifique tout en donnant de l’importance à toutes les langues. Nous devons aussi alléger cet examen et ne plus passer les épreuves en 5 jours.

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