jeudi 13 juillet 2017

Agences de Voyages : Le tourisme de plus en plus fragilisé

Très peu nombreux sont les touristes qui se rendent en Algérie. Notre pays demeure une destination onéreuse par rapport à ses voisins. La cherté touche le prix du billet, celui du visa ainsi que l’hébergement et toutes les activités touristiques. L’Algérie compte de moins en moins de touristes depuis 2010. Une dégringolade qui atteint des taux de 85%. C’est ce qu’a déclaré, hier au forum du journal El Mihwar, le président du Syndicat national des agences de voyages, Bachir Djeribi. D’après ses propos, les raisons de cette baisse sensible seraient essentiellement liées à la fermeture de certains circuits touristiques importants, tels que le Tassili de l’Ahaggar. «Faire visiter le Hoggar sans le Tassili ne vaut réellement pas grand-chose. Amputer le Parc national de l’Ahaggar de son Tassili, c’est lui enlever près de 70% de sa valeur commerciale et touristique. Le motif avancé de cette fermeture est la situation sécuritaire. Il en est de même pour l’axe Tamanrasset-Djanet fermé également pour les mêmes raisons, même s’il est très prisé par les touristes. Ceci est grave et impacte directement sur le nombre de touristes, étant donné que nous n’avons que la destination Grand-Sud à vendre pour le moment. En plus de ces fermetures de pistes et de circuits touristiques, s’ajoutent la cherté de la destination Algérie ainsi que la difficulté d’obtenir le visa touristique», explique notre interlocuteur. En effet, les différents conférenciers présents à ce forum, tous membres de ce syndicat et exerçant dans le secteur du tourisme, se sont entendus sur le fait que l’Algérie est une destination onéreuse par rapport à ses voisins. La cherté touche le prix du billet, l’hébergement et toutes les activités touristiques  ainsi que le prix du visa. Pour ce dernier, ce n’est pas seulement le prix qui pose problème, mais surtout l’impossibilité de l’obtenir dans plusieurs pays du monde. «L’Algérie reste un pays inconnu, voire mystérieux pour nombre d’ étrangers qui ont visité nos pays voisins à plusieurs reprises et manifestent leur curiosité de découvrir le nôtre. Dans ce volet, nous ne demandons pas que les visas soient levés mais que les procédures soient plus légères et plus ouvertes, s’il y a réellement une volonté de développer ce secteur, source sûre de devises», ajoute notre interlocuteur. Un secteur fragilisé En plus de ces différents problèmes, les représentants des agences de voyages annoncent une saison de vacances compromise cette année, suite au retardement des résultats du baccalauréat. Plusieurs réservations ont été annulées juste après l’annonce de cet ajournement. Pour le tourisme interne, les conférenciers ont expliqué le faible engouement par plusieurs facteurs, dont essentiellement la cherté des services hôteliers, l’insuffisance de l’offre face à la demande et aussi l’absence de planification des vacances chez les Algériens, qui préfèrent les réservations de dernière minute. S’ajoute à cela, la qualité du service qui laisse à désirer dans plusieurs infrastructures touristiques. «De très faibles, voire aucun investissement réel n’est entrepris pour préparer la saison des vacances, sauf quelques retapages de dernière minute, qui n’apportent pas grand-chose à l’infrastructure elle-même, encore moins à la qualité de l’hébergement et des services. Certains hôtels n’ont pas vu de restauration, ni même de renouvellement de fournitures ou de peinture depuis près de 20 ans. Chose insensée et inacceptable pour un secteur qu’on projette de développer», relève-t-il. Dans le volet investissement touristique, les problèmes sont à la pelle. Ils sont tous dus à la bureaucratie. En effet, le Syndicat national des agences de voyages dénonce une forte lenteur dans les procédures administratives liées aux dossiers d’investissement touristique. Ceci sans omettre le gros problème de fragilité du secteur et de discontinuité dans sa gestion. «Comment voulez-vous développer un secteur qui n’a pas encore de ministre jusqu’à aujourd’hui ? Il est impossible de le gérer s’il n’y a pas de pérennité dans le staff ministériel et, si à chaque changement, tout ce qui a été fait par le prédécesseur est mis aux oubliettes ou carrément remis en cause même c’est dans le bon sens», s’emporte-t-il. Les voix des représentants des agences de voyages sont unifiées quant au lancement réel et effectif d’une véritable volonté de développement de ce secteur, surtout que la nature a gâté notre pays de toutes les possibilités touristiques imaginables. Si cela est fait avec un allégement des procédures administratives pour les investisseurs et pour les touristes désirant découvrir l’Algérie, ils se donnent un délai de deux ans pour faire de l’Algérie la Mecque des touristes.  

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