samedi 15 juillet 2017

A quoi sert le mouvement dans le corps des walis ?

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a procédé jeudi à un mouvement dans le corps des walis et des walis délégués», a indiqué un communiqué publié jeudi dernier par la présidence de la République. Ce mouvement a concerné 28 wilayas et 7 wilayas déléguées. Ainsi, les wilayas restées sans wali après le dernier changement de gouvernement ont été pourvues. C’est le cas des wilayas de Blida, Annaba, Tlemcen et Oran qui ont vu l’arrivée respectivement de Layadi Mostefa, Salamani Mohamed, Benyaïche Ali et Mouloud Chérifi. Le mouvement décidé par la présidence de la République n’a par contre pas touché 20 walis qui ont été maintenus à leur poste. L’on remarque aussi que parmi les nouvelles nominations figurent trois femmes. Deux femmes walis, Ouinez Labiba, wali de Aïn Témouchent, et Brahimi Nacera, wali de Relizane, la troisième, Zibouche Fatiha, wali déléguée de Bouzaréah (Alger). On est très loin de concrétiser l’objectif d’impliquer plus de femmes dans la gestion des affaires publiques. La Présidence a été très en deçà de ce qui a été exigé par la Constitution aux partis politiques, auxquels est faite obligation d’intégrer dans leurs listes électorales 30% de femmes. Par ailleurs, l’on ignore ce qui a motivé réellement le mouvement dans le corps des walis. Serait-ce pour mieux accompagner les plans du nouveau gouvernement ? La Présidence n’a jamais eu à motiver les changements qu’elle a opérés. Hormis quelques promotions dont ont bénéficié des cadres locaux, les autres nominations ne sont en fait que de simples permutations. Et l’on se demande toujours pourquoi l’on installe un wali dans une wilaya et on le mute au bout de quelques mois seulement dans une autre ? Il aura à peine le temps de prendre connaissance avec son environnement, maîtriser quelques données locales puis se retrouve à la tête de l’exécutif d’une autre wilaya. Les exigences de développement ressenties dans beaucoup de régions du pays ne nécessitent-elles pas une autre vision de mise en marche des politiques publiques ? La conception administrative et centralisée de la gouvernance a bien prouvé son inefficience. Ne serait-il pas aussi temps de passer à autre chose pour mobiliser les ressources locales ?  

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