lundi 8 mai 2017

Une semence traitée à un pesticide livrée aux agriculteurs algériens

La Coopérative des céréales et légumes secs de (CCLS) à Constantine a livré cette année, comme mesure préventive, aux céréaliculteurs de la région, une semence traitée au Cruiser, un pesticide (insecticide systémique) en mesure de freiner toute contamination ou départ d’épidémie de ver blanc, ou larve de hanneton, un redoutable ravageur qui s’attaque à toutes les espèces végétales, notamment les cultures maraîchères, la vigne et surtout les céréales, qui sont considérées comme plantes préférentielles. Une information que nous avons pu confirmer récemment auprès de deux responsables de l’agriculture de la wilaya, le directeur de la CCLS et celui des services agricoles de la wilaya Constantine, à la faveur d’une rencontre régionale de sensibilisation sur la thématique du désherbage et la fertilisation des céréales organisée au siège de la wilaya de Daksi. Mais ce que ces deux responsables semblaient ignorer après avoir tenté d’abord de nier, lorsque nous leur avons posé la question, c’est que l’utilisation dudit pesticide Cruiser a été interdite depuis plusieurs années, en 2012 pour être précis, en France et dans plusieurs pays européens. L’Agence sanitaire française pour l’alimentation et l’environnement (Anses) avait également dénoncé la même année l’impact néfaste sur les abeilles d’une des molécules actives du Cruiser, le Tiaméthoxam. Des recherches scientifiques ont établi en outre que les populations d’abeilles ont fortement décliné ces dernières années dans le monde, un phénomène déstabilisant pour l’écosystème qui renforce les critiques visant l’utilisation massive des pesticides. Toutes ces informations qui sont à la portée de tout le monde, pourvu qu’on se donne la peine d’effectuer des recherches sur le net, sont pourtant ignorées par nos responsables de l’agriculture. Nous les invitons aimablement donc à s’informer sur les réserves émises par les scientifiques quant à l’utilisation du Cruiser, et, éventuellement, alerter leur ministère de tutelle, si lui aussi l’ignore, sur les effets néfastes de ce pesticide.    

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