vendredi 5 mai 2017

Sur une chaise roulante, le Président a voté au bureau 34 de l’école Bachir El Ibrahimi

Comme à chaque rendez-vous électoral (depuis 1999), l’école Bachir El Ibrahimi, située à El Biar, sur les hauteurs d’Alger, a fait peau neuve. Le badigeonnage des murs et des trottoirs aux alentours de l’établissement sont visibles dans ce quartier bouclé la veille par un dispositif de sécurité impressionnant. Quelques électeurs sont arrivés dès 9h du matin. Les journalistes ont été sommés de laisser leurs téléphones mobiles à l’entrée du bureau de vote. En tenue d’apparat, le maire et le chef de daïra de Bouzaréah, dont dépend la commune, arrivent sur les lieux qu’ils inspectent en saluant le personnel. Quelque temps plus tard, c’est l’ancien archevêque, Monseigneur Tessier, qui arrive. Cela fait des années qu’il vote dans ce bureau, tout comme son successeur. Vers 11h, le wali d’Alger, en tenue officielle, inspecte les lieux. Il discute avec tout le monde, puis se met en retrait. A 11h45, les éléments de la garde présidentielle s’agitent. Ils ferment toutes les classes de ce bureau de vote et ne laissent ouverte que celle qui porte le n° 34 -comme celle affectée à la liste du FLN- où le président est attendu. Il fait son apparition à 11h50 exactement. Assis sur sa chaise roulante, il est accompagné de ses deux frères, Nacer et Saïd, ainsi que de ses deux neveux, tirés à quatre épingles, qui lui tiennent chacun une main. Halte Triés, quelques citoyens l’attendent à l’entrée. Il leur serre la main avant que la chaise poussée par un de ses accompagnateurs se dirige vers la salle n°34. Le visage tuméfié, il fait une halte de quelques secondes devant les nombreux journalistes qui l’attendent à l’entrée de la salle et leur lance un large sourire. Affaibli, son regard est perçant. Il scrute tout le monde sur son passage avant que la chaise roulante soit dirigée vers la salle. Celui qui la pousse se charge de prendre les 17 listes électorales. Il les remet au président pour continuer jusqu’à l’isoloir. Le temps passe et le rideau n’est toujours pas tiré. Les visages se crispent. Les caméras et les appareils photos sont braqués depuis un bout de temps, jusqu’à ce que le rideau bouge enfin. Plus de 5 minutes sont passées. L’enveloppe est prise par le plus âgé des neveux qui se charge de la glisser dans l’urne transparente. Le frère conseiller, Saïd Bouteflika, intervient pour s’assurer que le président a apposé sa signature et son empreinte à la bonne place. Le vote terminé, la chaise roulante est poussée vers la sortie. Encore une fois, le président salue la presse et laisse apparaître un large sourire sur son visage mafflu et blafard. Avant de quitter les lieux, quelques citoyens bloqués à l’intérieur de l’école l’applaudissent. Le portail est rouvert et le cortège présidentiel quitte les lieux. Il est 12h15. C’est la galère pour les professionnels des médias, le personnel administratif et les agents de sécurité pour récupérer les téléphones mobiles confisqués avant l’arrivée de Bouteflika.  

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