mercredi 10 mai 2017

Sans plan de charge, Alfapipe fermera ses portes à partir du 15 mai

C’est le branle-bas de combat à l’entreprise Alfapipe Annaba et Ghardaïa, spécialisée dans la fabrication de produits plats, dont les tubes en acier soudés destinés au transport des hydrocarbures (gaz et pétrole) ainsi qu’au transfert de l’eau des barrages. Leader des filiales du groupe Imetal, cette entreprise risque, à partir du 15 mai, de mettre plus de 1800 travailleurs au chômage technique, soit 10 jours après les élections législatives. En cause, l’absence d’un plan de charge à même de continuer à faire tourner l’outil de production de cette société de transformation sidérurgique. En effet, CR7, un projet de 339 km de pipeline, est sur le point d’être livré dans sa totalité. Il représente la dernière commande de Sonatrach TRC, le client principal d’Alfapipe. Première conséquence, les multiples reports de l’assemblée générale d’Alfapipe, soit depuis le 10 décembre 2016 jusqu’à jeudi dernier, ont été ponctués par le limogeage de Messai Abdelmadjid, le directeur général de l’entreprise, et la désignation de Messaoud Chettih en tant que président du conseil d’administration (PCA). Un appel de détresse a été lancé par le partenaire social à l’endroit de Abdessalem Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines, en le sommant de sauver l’entreprise d’un avenir incertain. «Pour la remise à niveau de notre entreprise et la rénovation de son outil de travail, l’Etat n’a pas lésiné sur les moyens. En 2016, nous avons acquis deux machines à souder de dernière génération, qui sont destinées aux deux unités de Annaba et Ghardaïa. Auparavant, dans le cadre d’un nouveau plan d’investissement, une enveloppe de plus de 8,3 milliards de dinars a aussi été dégagée. Il faut savoir que notre produit est d’une qualité supérieure et certifié aux normes internationales», a déclaré à El Watan Kamel Slimani, le secrétaire général du syndicat de l’entreprise Alfapipe. Rencontré sur le site de Annaba, le représentant des travailleurs s’interroge : «Nous sommes en contradiction avec la politique de l’Etat. Comment justifier l’utilité d’investir d’un côté plusieurs milliards de dinars pour la rénovation de l’entreprise Alfapipe, et  de l’autre la priver des contrats publics ? Pire, en cette période de crise économique où l’on chante ça et là ‘‘Consommer made in bladi’’, on a recours à l’importation des produits étrangers. Pis encore, lors de sa dernière visite à Oran, Sellal a promis à une entreprise privée des contrats publics du même type alors qu’elle n’est même pas entrée en production. S’agit-il d’un sabotage ?» Selon d’anciens cadres d’Alfapipe, cette dernière a toujours été sujette à un problème sérieux de management. Conscient de l’impact négatif sur l’instabilité sociale au sein des deux unités, le syndicat espère que le nouveau directeur général sera issu des réserves locales de l’entreprise. «Les différents directeurs qui se sont succédé à sa tête n’ont jamais défendu convenablement le produit de leur entreprise. Ils sont en majorité, sinon tous, désignés par le ministre de l’Industrie, Abdessalem Bouchouareb, comme c’était le cas pour le groupe Sider où Bediar Ali, un retraité sans passé reluisant dans le domaine, tient la destinée de ce fleuron de l’industrie algérienne», dénonce-t-il. Le partenaire social rappelle que l’entreprise publique de fabrication de tubes en acier soudés (Alfapipe) est «le seul fournisseur algérien de Sonatrach en matière de gazoducs et oléoducs, allant de 16 à 64 pouces. Alfapipe alimente également les projets hydrauliques de transfert d’eau. Elle a toujours été leader dans son domaine et a prouvé par le passé qu’elle est concurrentielle et respecte rigoureusement les délais de ses contrats». 

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