samedi 20 mai 2017

Participation au gouvernement : Choix délicat pour le MSP

Courtisé, le parti de Abderrezak Makri fait monter les enchères et durer le «suspense». Le MSP devra rendre publique, aujourd’hui, sa décision d’intégrer ou non le nouveau gouvernement, à l’issue de la réunion de son conseil consultatif, qui s’est terminée hier tard dans la soirée. Profondément divisées sur le «choix» à prendre, deux tendances se sont affrontées publiquement. L’une menée par le président du parti, M. Makri farouchement opposé à un retour au gouvernement, et l’autre conduite par l’ancien président Bouguerra Soltani, plutôt favorable à la réintégration de l’Exécutif qui est «la place naturelle du parti», estime-t-il. La majorité semble acquise à la position de Abderrezak Makri, mais la décision n’est pas facile à prendre. Les deux lignes ne sont pas faciles à concilier, tant le choc des ambitions est grand. L’actuel président du parti, qui a en ligne de mire l’élection présidentielle de 2019 à laquelle il se prépare activement, ne veut pas se griller les ailes en réintégrant le parti dans «la maison de l’obéissance». Il a même menacé de quitter ses fonctions en cas de retour au gouvernement. Une position qui se heurte à la persistance des anciens ministres du parti et leurs «amis».   En somme, l’offre faite à la formation islamiste est  un cadeau empoisonné. «Intégrer un gouvernement qui frauder les élections, et dont nous sommes victimes, c’est cautionner ce pouvoir et de se décrédibiliser aux yeux de l’opinion, ne pas y aller c’est prendre le risque de s’exposer à une répression politique. Dans les deux cas le parti court le risque d’éclatement», s’inquiète un membre du conseil consultatif du parti. Un dilemme. Abderrezak Makri, qui est partisan d’une ligne «radicale», n’a pas cessé de marteler durant la semaine que «la majorité du parti est acquise à la non-participation» et traite d’opportunistes ses «frères» qui veulent revenir au gouvernement. Pour sortir gagnant de ce bras de fer, M. Makri a tenté  d’influencer l’autre «frère», Abdelmadjid Menasra, d’adopter la même position. Le Front du changement, avec qui le MSP a fait alliance électorale, s’est aussi réuni hier pour décider de la marche à suivre.

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