lundi 8 mai 2017

Les partis de l’opposition face à leurs divisions

Quel est aujourd’hui le poids des partis de l’opposition en Algérie ? Pourront-ils faire face au pouvoir et induire le changement tant recherché ? Incapables de dépasser leurs divergences motivées par des ambitions personnelles, minés par des tensions et conflits internes, en rangs dispersés, les partis de l’opposition sont loin de constituer «un danger» ou un contrepouvoir. La logique partisane domine le front de l’opposition et en l’absence d’une dynamique démocratique, l’opposition demeure peu fructueuse. Pour le sociologue Mohamed Taïbi, le concept «opposition» n’est déjà pas clair, il est fluide et pas du tout consolidé sur la base d’un programme. «L’opposition algérienne est formaliste, elle fonctionne dans le tactique, elle n’a pas de stratégie et l’absence d’un leader charismatique n’est pas faite pour arranger les choses», explique M. Taïbi. Le FFS, le RCD, le PT, le MSP, Ahd 54, Talaie El Hourriyet, toutes ces formations politiques se revendiquent de l’opposition, mais cette opposition peine à constituer un front fort pour peser sur l’échiquier politique. Ces partis ne mobilisent plus ; la preuve, ils ont vécu une débâcle au scrutin du 4 mai. Le FFS et le RCD ont perdu du terrain dans leur bastion traditionnel : la Kabylie. De par le passé, la Kabylie et Alger constituaient un bastion de ces deux formations. Le FFS n’a obtenu que 4 sièges à Tizi Ouzou et le RCD 4. Pourtant, il n’y a pas eu de fraude ni à Tizi Ouzou ni à Béjaïa. Les électeurs ont tout simplement tourné le dos à ces partis politiques, qui font aussi les frais du discrédit de la classe politique. Ces partis qui ont hérité de quelques sièges à l’APN vont utiliser cette tribune pour défendre les intérêts de la nation et pour dire non aux projets du pouvoir. Seulement, au-delà des dénonciations et du rejets de certaines lois, ces députés seront impuissants face aux partis au pouvoir qui sont très solidaires lorsque la situation l’impose. Le pouvoir tire profit des divisions et des rivalités entre les partis de l’opposition. Néanmoins, des alliances sont parfois contractées entre les partis de l’opposition, mais demeurent conjoncturelles en raison des ambitions personnelles. A ce sujet, la réunion de Mazafran, qui a vu la naissance de la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (CLTD), illustre parfaitement cet état de fait. L’initiative était louable, mais elle n’a pas apporté les fruits escomptés puisque des divergences ont marqué les membres de cette instance qui se disaient être unis. La mort de la CLTD a été signée avec les élections législatives du 4 mai. Le FFS, courtisé pour son poids moral et politique, a refusé d’adhérer à cette démarche, le parti reste sur son initiative de «reconstruction du consensus national» visant l’instauration d’un dialogue entre toutes les parties protagonistes. Le projet du FFS, selon sa direction, n’est pas similaire aux autres et ne se substitue pas à un autre, car il n’est pas construit unilatéralement et n’exclut personne, ni le pouvoir ni l’opposition. Le PT, pour sa part, n’a jamais adhéré à une initiative visant l’unification des rangs de l’opposition. Il a avancé à chaque fois ses propres arguments et sa propre vision, tout en préférant mener son propre combat.

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