samedi 6 mai 2017

Les dix sièges «partagés» entre huit partis à Boumerdès

La course au Parlement a souri à 8 partis sur les 19 qui étaient en lice dans la wilaya de Boumerdès. Selon les résultats préliminaires des urnes, les dix sièges de députés de la wilaya sont revenus au FLN (2), RND (2), MPA (1), FFS (1), ANR (1), UND (1), PEP (1), et l’Alliance MSP-FC (1). La surprise est venue de Naïma Salhi, «l’apôtre de la polygamie» qui aurait finalement bien calculé le coup avant de se porter candidate à Boumerdès et non dans sa région natale, Annaba. Deux parmi les autres heureux vainqueurs sont issus du monde des affaires. Il s’agit de Sid Ali Belaïd de l’UND et Abaziz M’hamed de l’ANR, qui auraient mis beaucoup d’argent et utilisé tous les moyens pour s’adjuger une place au Parlement. Il faut retenir aussi que quatre autres lauréats avaient déjà passé au moins un mandat à l’APN, tandis qu’un autre, à savoir le candidat du RND, était vice-président du Sénat. Mais l’opinion publique locale ne se rappelle guère de leurs «performances» ni de leur engagement à défendre les intérêts du peuple dans les deux Chambres. Bien au contraire, tout le monde sait qu’aucun d’entre eux n’a ouvert une permanence dans la wilaya pour écouter ses doléances de leurs électeurs. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire et d’aucuns espèrent que ce manquement au devoir de député ne sera plus de mise lors cette nouvelle mandature. Le plus grand perdant de ces joutes au niveau local reste le FFS. Un parti qui a perdu 2 sièges par rapport aux législatives de 2012. Certains expliquent cet échec prémédité par le non-respect de l’avis de la base concernant le choix des candidats et le maintien de certains cadres en pole position dans la liste. Le recul du plus vieux parti d’opposition a profité au MPA et d’autres formations politiques, moins ancrées dans la région. S’agissant des conditions de déroulement du vote, certains représentants de partis ont font état de plusieurs anomalies et irrégularités constatées çà et là à cause «d’un manque flagrant d’organisation». Dans les communes de Naciria, Issers, Boumerdès,… de nombreux électeurs n’ont pas pu voter en raison de l’absence de leurs noms sur le fichier électoral.  Aussi, des partis tels que le RCD et le Front El Mostakbel n’ont pas trouvé leurs imprimés dans les bureaux de vote aux centres de vote de Laâbid (Issers) et le lycée de Si Mustapha. Ici et dans d’autres localités, des jeunes ont distribué des bulletins de vote et fait campagne pour leurs candidats aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de certains centres. Ces élections sont marquées également par une forte abstention (72,42%). Ainsi, pas moins de 351 494 inscrits sur le fichier électoral ont boudé les urnes. Le plus important taux de participation a été enregistré dans la commune de Si Mustapha (67,25%), suivie de celle de Si Keddara avec un peu plus de 36,08% des voix exprimées. La déchéance a eu lieu, comme attendu, dans les communes rurales, telles que Taouarga, Naciria, Ammal, et Ouled Aïssa et Afir, avec un taux de boycott qui dépasse les 78%. Certains candidats soutiennent que même l’éloignement des bureaux de vote de certaines agglomérations a été pour quelque chose dans cette désaffection. Dans la commune de Timezrit qui compte plus de 25 villages et 7 écoles, on a ouvert 3 centres de vote seulement. Idem à Boumerdès, Ammal, Béni Amrane où l’éloignement des centres de vote de certaines zones d’habitation aurait dissuadé de nombreux citoyens d’aller choisir leurs futurs représentants au Parlement.    

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