samedi 6 mai 2017

Le MPA progresse

21h30. Direction de campagne du Mouvement populaire algérien (MPA) à Alger.  «Nous avons la première place à Bab El Oued, à Mascara et… Illizi.» Le téléphone vissé à l’oreille, Athmane Sahbane, nouveau rallié du parti de Amara Benyounès et non moins président de l’APC de Bab El Oued, ne tient pas en place. Les jeunes agents recrutés par la coordination d’Alger, installés dans les bureaux dont les murs sont tapissés d’affiches couleur bleu au cinquième étage de l’imposant siège national de la rue Khelifa Boukhalfa à Sidi M’hamed, reçoivent des résultats des opérations de dépouillement communiqués par les observateurs du parti dans les centres de vote. Ils égrènent les quelques résultats provisoires envoyés par les représentants du parti. A mesure que les heures passent, l’angoisse s’empare des quelques candidats et des sympathisants du parti.  Des incidents sont signalés dès la matinée dans certains bureaux de vote. «A Gué de Constantine, une commune RND, nos observateurs ont découvert des registres remplis d’empreintes avant même le début de l’opération de vote. A Draria et Rahmania, nos bulletins étaient introuvables. Nous avons adressé deux rapports à la représentation de la wilaya de la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE)», dira Zemmam Mohamed Amine, jeune directeur de campagne du MPA à Alger, tiré à quatre épingles. A l’école Taha Hussein à Alger-Centre, un observateur d’un parti aurait tenté de dissuader des électeurs de mettre dans l’urne le bulletin portant le numéro du parti (33). Au quartier du Télemly (Krim Belkacem), le candidat d’un parti (RND) aurait été signalé en train d’«ameuter ses troupes» pour empêcher la liste défendue par Hakim Bettache, président de l’APC d’Alger-Centre et coordinateur fédéral du parti. En dehors d’Alger, le tête de liste du parti à M’sila aurait été hospitalisé après son agression par son rival du RND. A l’enthousiasme du début a succédé dans les directions de campagne du MPA la perplexité dans une soirée électorale «floue». La capitale perdue Une tendance s’est dessinée le soir des élections, du moins à Alger, où des représentants du parti s’étaient déplacés à la wilaya, où a pris ses quartiers la HIISE locale. La liste conduite par le frère du président du MPA, Idir Benyounès, n’obtiendra finalement pas de siège. Mais le parti a progressé en remportant 13 sièges contre 7 lors des législatives de 2012. Il obtient ainsi des sièges à Sétif  (2), Mascara  (2), Guelma, Annaba, Boumerdès, Tamanrasset, Chlef, Relizane, Tissemsilt, Mostaganem, avec deux sièges pour le quota femmes. «Nous sommes déçus pour Alger, vu que nous sommes seuls à avoir vraiment fait campagne sur le terrain. Sinon, le parti a réussi à avoir des sièges, dans les grandes villes de l’est du pays, à Sétif, Guelma et Annaba. Nous avons des candidats très compétents qui ont pu se placer à Sétif, où la liste de wilaya est conduite par Ataïlia ; à Mascara grâce à Si Hamdi Khatir, qui est député sortant, et à Relizane, avec Sid Ahmed Abdelsadok, jeune de 32 ans», précise une source au parti. En 2012, le parti a rejoint l’hémicycle de Zighoud Youcef grâce à des candidats de Annaba, mais surtout de l’ouest du pays : Mascara, Relizane, Tissemsilt. Les militants du MPA rencontrés dans les directions de campagne, nationale et d’Alger, ont regretté le boycott massif, qui a profité à des partis dont «des militants et des sympathisants  votent». «Le FLN a tout raflé tout. C’est surtout la conséquence de l’abstention», regrette Farid Oumahamed, deuxième sur la liste d’Alger, rencontré à la sortie du siège du MPA.

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