samedi 6 mai 2017

Le FLN perd du terrain

Ambiance morose au QG du FLN, lors de la soirée électorale. «C’est une veillée funèbre ?» demande un militant à son arrivée au siège du parti le jour de l’élection. Il faut dire qu’en cette soirée électorale, la grande salle où habituellement le secrétaire général tient ses conférences de presse est pratiquement déserte, comme si les cadres du parti anticipaient la bérézina frappant leur formation politique. Avec 57 sièges de moins qu’en 2012, le FLN s’est réveillé groggy et son secrétaire général a donné des explications alambiquées, imputant l’échec à l’apparition de nouveaux partis politiques. «53 partis politiques ont participé à ces élections et provoqué une dispersion des voix», a-t-il déclaré dans un point de presse tenu au siège du parti au lendemain du scrutin, éclaircissement qui ne peut à lui seul expliquer la déroute. «Nous sommes et nous resterons à la première place», a-t-il encore répété aux journalistes, tout en reconnaissant avoir espéré un meilleur score. «Il est fou de rage, confie un membre de son premier cercle. Il encaisse très mal le score du RND.» Drôle de journée vécue par le patron du FLN, en ce jour de vote. Elle débute à 11h à l’école Al Ghazali, du Golfe. Venu accomplir son devoir électoral, M. Ould Abbès va vivre une surprenante mésaventure. Accompagné de Sadek Bouguettaya, membre du bureau politique en charge de l’organique, qui ne le lâche plus d’une semelle, le chef du FLN décide, devant les journalistes de ne se saisir que du bulletin du FLN avant de se diriger vers l’isoloir. «Prends les autres bulletins», lui intime M. Bouguettaya, qui lui tend un ensemble de feuillets. Un temps agacé par ce rappel à l’ordre, M. Ould Abbès hésite, avant d’accepter. «Il faut faire les choses dans les règles», souligne un militant, venu encouragé son chef de parti. «Il a écrit un livre Djamel Ould Abbès ?» demande perfidement un membre du bureau politique découvrant les deux grands panneaux qui ornent la salle et sur lesquels apparaît le chef du parti, avec à la main droite, la Constitution et dans l’autre main La nouvelle Constitution, visa pour l’Algérie. Dans un coin, un écran diffuse en continu le discours du président Bouteflika, prononcé en 2009 à Tizi Ouzou. Une image qui contraste avec celle que montrent les chaînes de télévision au moment où le Président, sur sa chaise roulante, le regard hagard, ne parvient pas à mettre son bulletin dans l’urne. «C’est malheureux de le voir dans cet état», se désole une femme qui ne parvient pas à retenir ses larmes. A 17h, Nadia Labidi, candidate sur la liste d’Alger, fait son apparition, mais point de Sid Ahmed Ferroukhi. La tête de liste à Alger s’est replié sur Rouiba, pour vivre ces élections entouré des siens. A 20h, il rejoint le studio de la Radio algérienne pour commenter en compagnie d’autres hommes politiques le déroulement de ces législatives sans faire de détour par Hydra. «Tu te rappelles en 2012, on a veillé jusqu’à 6h. Je crois qu’on va revivre la même chose», déclare une militante à sa voisine, à l’annonce de la décision du ministre de l’Intérieur de retarder d’une heure la fermeture des bureaux de vote. A la télévision, la journaliste d’A3 rappelle le chiffre de la participation annoncé par M. Bedoui, le ministre de l’Intérieur. Dans un coin de la salle, une femme lance des youyous et décroche son portable : «On va avoir la majorité écrasante», hurle-t-elle à son interlocutrice. Une prédiction qui sera contredite le lendemain.  

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