lundi 8 mai 2017

Lancement officiel à Alger des festivités commémoratives du 72ème anniversaire des massacres du 8 mai 1945

Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, ministre des  Moudjahidine par intérim, procède ce lundi à Alger au lancement officiel des festivités de commémoration du 72ème  anniversaire des massacres du 8 mai 1945. En dépit des 72 années qui se sont écoulées depuis les massacres du 8 mai 1945 à Guelma, le four à chaux de l’actuelle commune d’Héliopolis, transformé en four crématoire où ont été brûlées les dépouilles d’innocentes victimes exécutées par la police coloniale, témoigne encore de ces crimes, selon des témoignages toujours vivaces dans la mémoire collective de la région. Certains parmi ceux qui ont vécu ces évènements se souviennent que ce four, situé dans une ferme de la région d’Héliopolis, à 5 km au nord de la ville de Guelma, était initialement destiné à la fabrication de la chaux. Les restes de ce four, appartenant à un colon du nom de Marcel Lavie, a été transformé par des milices européennes en four crématoire pour "y brûler les cadavres d’Algériens innocents". Ils témoignent à ce jour des atrocités commises par des mains abjectes. Colloque international sur les crimes du 8 mai 1945  à Guelma Organisé ce dimanche, les participants au colloque international sur "Les crimes du 8 mai 1945 dans les écrits algériens et étrangers" ont  appelé, à partir de Guelma, à l'impérative écriture des vérités  historiques sur les massacres du 8 mai 1945. Le choix du thème de cette 14ème édition du colloque sur "les crimes du 8 mai 1945" vise "à faire sortir l’écriture sur ces massacres de la relation passionnelle entre l’Algérie et la France pour la remettre aux historiens et chercheurs de par le monde quelle que soit leur nationalité", a précisé le recteur de l’université de Guelma, Mohamed Nememcha, à l’ouverture du colloque tenu à l’auditorium Souidani Boudjemaâ. "Dans un souci de veiller à assurer la qualité et l’objectivité dans l’écriture des massacres du 8 mai 1945, le comité scientifique du colloque, organisé par l’université de Guelma depuis 2003, a convié, pour cette édition, plusieurs spécialistes des universités du monde entier, dont celles ayant des accords de partenariat avec l’université 8 mai 1945", a affirmé, dans ce contexte, M. Nememcha. Mme Teresa Cierco, de l’université de Porto (Portugal), a tenté d’analyser "les évènements du 8 mai 1945 entre mémoire et histoire" soulignant que "la relation entre la mémoire et l’histoire est souvent liée et, dans certains cas, les deux termes s’entremêlent". Pour cette universitaire, en pareils épisodes de l’histoire, "l’Etat colonisateur tente habituellement d’effacer cette mémoire, alors que les peuples victimes ont besoin de valoriser cette histoire dans le cadre du processus de construction de leur identité et de leur singularité". L’intervenante a décortiqué l’horreur du colonialisme telle que reflétée dans les écrits romanesques algériens, estimant, à ce propos, que Kateb Yacine avait réussi à cristalliser la souffrance du peuple algérien sous l’occupation notamment dans "Nedjma" et "Le polygone étoilé". Dans sa communication sur "perception et mémoires des massacres du 8 mai 194", l'universitaire français Nadjib Achour a axé sur les témoignages de militants du mouvement nationaliste et d’artisans de la Révolution libératrice ayant vécu ces massacres ainsi que sur des écrits de presse et archives français. La rencontre d’une journée a donné lieu à la présentation de 10 communications par des historiens des universités de M’sila et Guelma ainsi que de France, du Portugal, d’Egypte et de la Tunisie. L'accent a été mis, dans ces communications, sur trois axes relatifs aux écrits algériens, arabes et étrangers sur les massacres du 8 mai 1945, permettant d’analyser la nature des écrits historiques réalisées depuis 72 ans, entre la période 1945-2017 sur les crimes de la France coloniale en mai 1945.  


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