samedi 6 mai 2017

L’abstention, grande gagnante à Ouargla

Sans grande surprise, hormis pour le nombre de sièges imparti au FLN qui a joué à fond la candidature de Hadj Belkhir Bayat, l’homme d’affaires, pourvoyeur de fonds de sa campagne et néanmoins homme populaire comparativement aux têtes de liste masculine et féminine, les résultats des élections législatives du 4 mai pour la wilaya de Ouargla n’ont pas étonné plus que ça. Le taux de participation a bel et bien fait un bond qualitatif par rapport à celui du démarrage. De 3,98% à 10h, la participation est passée à 38,61% pour 116 368 électeurs à la fermeture des bureaux, avec tout de même une prolongation des horaires d’ouverture, y compris dans les bureaux du centre-ville et les trois bureaux ayant enregistré des affrontements à Beni Thour et Mekhadma. L’abstention se confirme à Ouargla, qui affiche 61,39%, et est fortement applaudie. Ceux qui ne se sont pas reconnus dans les listes de candidatures, dans les têtes de liste tristement impopulaires qui passent quand même quel que soit le taux de participation. Et puis ceux qui boudant un système qu’ils ne veulent plus cautionner affichent une abstention active et non pas une participation citoyenne, ne serait-ce que par un vote à bulletin nul. La chance a souri à Souad Lekhdari Dans les résultats provisoires disponibles hier, 2 sièges pour le FLN qui plébiscite Brahim Larouci, candidat inclassable, homme politique sans couleur, ex-directeur du Seto cédé à Baha Tliba, ex-président d’APW et ex-sénateur de Ouargla pour un premier siège et promeut pour la première fois, dans ses annales locales, une femme. Souad Lekhdari, élue permanente à l’APW de Ouargla depuis deux mandatures, gagne et peut s’enorgueillir, si son succès est confirmé dans dix jours, d’avoir sauvé la représentation féminine locale dans l’Assemblée populaire nationale alors que Fatma Sendid, tête de liste du parti El Moustakbal, ne passera pas cette fois-ci, malgré son positionnement stratégique et sa popularité à Hassi Messaoud. La main d’Abazi L’élection de Abdelhamid Djezzar, président de l’APC de Ouargla, tête de liste PNSD et seconde mouvance de ces élections, conforte le positionnement stratégique du ksar de Ouargla sur l’échiquier politique local. Grand absent durant plusieurs décennies, essuyant des échecs successifs à chaque scrutin, le ksar de Ouargla ne croyait plus en sa capacité d’élire un de ses enfants à l’APN avant la venue du Dr Mohamed Kamel Abazi, médecin ORL, connu sur la place, et qui a réussi lors des législatives de 2012 à redonner au ksar ses lettres de noblesse et sa confiance en le faisant élire sous la houlette du même PNSD avant de dériver vers Taj, puis au Fln durant le dernier quart d’heure et perdre son plébiscite alors qu’il était l’artisan de l’élection de Abdelhamid Djezzar aux élections locales, la même année. Cinq ans plus tard, ce dernier réédite un succès qui démontre l’impact de l’ancrage tribal et du travail de fond dans les familles et dans les enjeux électoraux. Le Rnd de justesse Pour la seconde fois, Abdelaziz Khemgani passe de justesse après une guerre intestine dans son fief de Mekhadma, où les candidatures dans les nouveaux partis n’ont pas réussi à s’imposer auprès de l’électorat tribal de ce grand quartier populaire de Ouargla. Ex-directeur des structures sanitaires de proximité, ce médecin qui briguait un second mandat au sein du RND remporte l’unique siège de son parti et s’impose encore une fois devant le Fln. Au sein de l’électorat islamiste, fortement représenté jadis, Belkacem Zerrouki s’impose également lors de ces législatives avec un siège arraché au moment où tout le monde prédisait un échec total pour le HMS qui garde un ancrage très fort à Touggourt et dans la périphérie nord de Ouargla. La revanche de la périphérie Delili Miloud, président de l’APC de Hassi Ben Abdallah et tête de la liste indépendante El Forsane, s’impose lui comme un choix nouveau des populations agricoles banlieusardes de la daïra de Sidi Khouiled, où il a montré ses compétences et son abnégation en tant que maire innovant et inventif à l’européenne. Il laisse à son successeur une commune avec un avenir économique florissant, grâce à sa position de coquette ville plaisante où il fait bon vivre, leader agricole et futur pôle industriel avec sa nouvelle zone d’activités florissantes. Reste Fadjr Jadid pour clore ce tour des sept sièges à l’APN dont dispose Ouargla et qui revient à Mohamed Messaoudi dit «Sabi». Un riche entrepreneur de la daïra de Taibet, qui réaffirme si besoin est les ambitions grandissantes des populations agricoles décentrées à s’imposer sur l’échiquier politique de la wilaya de Ouargla. Avec un taux de participation établi à 38,61%, Ouargla entame une nouvelle tendance où l’abstention active des jeunes est plus prononcée. Fief du mouvement des chômeurs et second centre de la contestation de la politique gouvernementale en matière d’énergies non fonctionnelles, elle devient une grande ville du Sud où les avis sont plus tranchés, mieux exprimés. C’est d’ailleurs la tendance annoncée il y a quelques jours par un sondage d’opinions effectué par un nouveau cabinet d’expertises en médias lancé par le confrère Abderraouf Madani, blogueur et ex-journaliste d’El Jadid, qui avait donné un taux de 33,24 % de participation à Ouargla. Le vote électronique effectué à l’occasion a classé les résultats préliminaires avec une suprématie du Fln en première position tandis que le MSP, le PNSD et le FNA ont accaparé les trois autres positions. L’abstention qui a dépassé les 61% dans le monde réel affichait quant à elle les 36,75% dans le monde virtuel.     

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