samedi 13 mai 2017

«Il est nécessaire d’ajuster les financements aux besoins de l’économie nationale»

- Depuis sa création en 1996, l’Ansej a financé 367 980 projets, créant 878 264 emplois (au démarrage). Cependant, le nombre de projets financés a considérablement baissé ces dernières années ; 11 000 projets financés en 2016 contre près de 65 000 en 2012. Pensez-vous qu’on puisse lier cette baisse à la conjoncture politique nationale (baisse liée à la «stabilité» acquise notamment grâce à la maîtrise des mouvements de révoltes apparues en 2011 dans le pays) ? Après un premier bilan du fonctionnement de l’Ansej, il ressort que l’aspect quantitatif en termes du nombre de projets financés est délaissé progressivement par rapport à la dimension qualitative où il faut plus de rigueur quant à la sélection des porteurs de projets (nature de l’activité, savoir-faire et formation, formulation du projet, etc.). Evidemment, les contraintes financières de ces trois dernières années, plus précisément depuis le retournement des cours du pétrole en juillet 2014, le financement est apparemment plus restrictif. - Les femmes représentent seulement 10% des projets financés depuis la création de l’Ansej. Quel commentaire pouvez-vous en faire ? Ce taux est effectivement faible si nous le comparons au nombre de femmes diplômées de l’enseignement supérieur par exemple. La dimension sociologique de l’Algérie actuelle concernant particulièrement la question de la femme, même si des avancées sont certes enregistrées, fait que l’emploi au féminin ainsi que l’entrepreneuriat de la part des femmes restent en deçà des potentialités réelles que recèle la société. - Quelle analyse peut-on faire de la répartition du nombre de projets financés par secteur d’activité ? La répartition sectorielle des projets financés par le dispositif Ansej pose problème dans la mesure où les activités de services sont prédominantes. Des dérives ont été enregistrées ça et là quant au choix des porteurs de projets ou à l’utilité de certaines activités (location de voitures par exemple). Cependant, certains métiers liés au secteur du BTP (plombiers, électriciens, etc.) ou à la maintenance ont pu être encouragés. D’où la nécessité d’ajuster les financements aux nouveaux besoins de l’économie nationale. - Quel impact ce dispositif peut-il avoir (ou a déjà réellement) sur l’économie nationale ? Il est judicieux d’aller vers la refondation du dispositif Ansej et l’adapter aux défis que l’Algérie veut lancer. Les grandes entreprises peuvent être associées pour développer un tissu de sous-traitance industrielle par exemple. De même que les communes peuvent être mises à contribution dans des projets Ansej touchant les zones de montagne, les Hauts-Plateaux ou le Sud. La protection de l’environnement et l’encouragement aux métiers verts sont également une autre opportunité à offrir aux jeunes. - L’actuelle direction vise l’autosuffisance ; est-ce possible sachant les contraintes de recouvrement rencontrées ? Il ne faut pas se tromper, le dispositif Ansej est en réalité un maillon du système des subventions, véritable vecteur spécifique dans le fonctionnement de l’économie algérienne. Vouloir changer son fonctionnement n’est pas chose aisée tant la logique d’ensemble demeure en l’état. En définitive, si des réformes économiques en profondeur venaient à être entreprises dans ce qui est appelé le nouveau modèle de croissance, alors les dispositifs Ansej, CNAC et Angem seront logiquement révisés.

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