vendredi 5 mai 2017

Entre soupçons de fraude et désintérêt à l’Ouest

«Au moins nous sommes sûrs que les voix que nous gagnerons seront celles du peuple», se console Mohamed Touhami, tête de liste PT qui met en avant certains «dépassements» que son parti a, selon lui, constaté dans certaines localités de la wilaya d’Oran en faveur du FLN. «Nos militants ont surpris des représentants du FLN qui essayaient d’introduire frauduleusement des enveloppes et ils les ont chassés», a-t-il indiqué hier, quelques heures avant la fermeture des bureaux de vote dont l’horaire a été allongé de sept à huit heures pour les communes d’Oran et de Bir El Djir. Au PT, on soupçonne déjà un bourrage des urnes en faveur du parti de Djamel Ould Abbès. Même au RND, un parti qui a installé une cellule centralisée spécialement pour superviser l’opération de vote, certains ont relevé des cas isolés de «dépassements» mais qui laissent planer des soupçons. Selon Laaredj Morsli, cadre du parti d’Ouyahia, «des encadreurs assermentés, qui avaient été prévus au départ, ont par exemple dans certaines localités été changés à la dernière minute et à notre insu», ce qui laisse supposer que dans ces centres-là le scrutin n’est pas transparent. «Nous allons rassembler toutes les informations sur ces dépassements et saisir officiellement la Haute instance indépendante de surveillance des élections», a-t-il assuré. L’enjeu était évidemment le taux de participation. Faible quand on le compare à certains rendez-vous électoraux, notamment présidentiels. Une chose est sûre, qu’on ait participé ou pas, l’événement a été propice au débat. «Je ne vais pas voter car je sais que l’APN, en l’état actuel des choses, ne décide de rien du tout», tranche un citoyen résidant au centre-ville d’Oran où généralement le taux de participation est plus faible que celui des localités alentours. Cependant, dans la majorité des cas, les gens ne votent pas beaucoup, plus par paresse, par désintérêt que par volonté d’exprimer une position politique ou un ras-le-bol. Au CEM Ben Bettouta de Sidi El Houari, le taux de participation ne dépassait pas les 15% à 16h, mais ici, le responsable du centre avance un argument de taille. «Les habitants de ce quartier qui inclut Ras El Aïn ont été relogés dans une large proportion et c’est ce qui explique cette défection», indique-t-il. Pour le même horaire, le taux officiel annoncé pour l’ensemble de la wilaya est de 28,08%. Parmi les votants, les motivations sont également multiples et le débat se prolonge même sur les réseaux sociaux. «J’ai tenu à participer pour exprimer mon opinion car je sais que l’abstention, quoi qu’en dise, arrange beaucoup plus le pouvoir en place et son relai, le FLN», indique Sid Ahmed, commerçant, en laissant entendre que si l’abstention dérangeait, «rien n’empêchait le gouvernement de faire voter une loi qui rendrait le scrutin obligatoire, comme c’est le cas dans certains pays». Coude-à-coude Incroyables scènes que celles que nous avons vécues, jeudi, dans certains quartiers de la ville de Tiaret, notamment dans la banlieue Karman, Zaaroura et Sonatiba où deux formations, le FLN et TAJ ont usé de tous les moyens pour convaincre les électeurs de choisir leurs listes respectives. Certaines sources ont été jusqu’à soutenir, sans le confirmer, que des billets de banque ont été distribués aux gens avant qu’ils ne pénètrent dans les centres de vote. Les représentants de ses deux formations qui se disputent l’électorat dans ces grands centres urbains ont parfois failli en venir aux mains tant la situation devenait électrique et qu’accentuait la désaffection des électeurs. Il y avait d’un côté outre les militants du vieux parti, traditionnellement acquis à n’importe quelle liste, une importante communauté issue de la puissante tribu des Kraich dont est issu Tahar Hadjar, notamment à Karman. Cette banlieue s’est scindée en deux depuis. De l’autre côté, la liste du TAJ restait puissamment soutenue,  financièrement, par un homme d’affaires résidant à Karman. La générosité débordante  de ce dernier et son influence dans la sphère économique, sociale et sportive à Tiaret ont fait basculer beaucoup de choix. Le FLN, qui n’a pas lésiné lui sur les moyens grâce à la généreuse contribution d’un sponsor national, a vu le candidat ministre et sa «smala» roulaient en 4X4 mis à sa disposition par un grand patron d’entreprise. Le FLN a été d’ailleurs le seul des 19 partis en lice à offrir de superbes présents, dont des survêtements de marque et autres babioles, pour amadouer les votants. A 18h, on annonçait un taux de participation de 32,85%. Certaines des 42 communes de la wilaya caracolaient en tête avec 54,15%, à l’exemple de Medroussa. Une tendance baissière qui n’a pas empêché les rares citoyens qui suivaient l’élection à parier sur un coude-à-coude TAJ- FLN, bien que les faveurs vont vers le vieux parti car beaucoup de vieilles dames en choisissant le «34» disaient avoir voté pour le Président.

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