lundi 8 mai 2017

Élections législatives : Polémiques houleuses sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, les polémiques et les débats sont houleux. Ils se multiplient et ne se ressemblent pas. La classe politique a du mal à convaincre, à susciter l’adhésion des Algériens. En témoignent les élections législatives, tenues il y a quelques jours, dont l’abstention a été le grand vainqueur. Ses résultats sont loin de vouloir dire que les Algériens, désengagés, ne s’intéressent pas à la chose politique. Ils rejettent le discours officiel porté par les représentants de l’Etat. Ils ne croient plus en une opposition capable de les représenter ni en des élections censées porter leurs attentes. Mais ils n’hésitent pas à s’emparer de toutes les questions politiques de l’heure qu’ils alimentent et triturent à souhait sur le web. Si dans la réalité la vie politique algérienne ne crée plus aucune surprise, sur les réseaux sociaux les débats et les polémiques se multiplient et ne se ressemblent pas. En pleine campagne électorale, pendant que les 11 334 candidats engagés dans la course enchaînaient meetings, rencontres et sorties de proximité marqués par une platitude indéniable, sur le web les photos et les podcasts, alliant créativité et dérision, circulaient comme une traînée de poudre, créant une véritable campagne parallèle : celle des fausses affiches et des photomontages toutes plus insolites les unes que les autres. Le podcasteur DZ Joker, avec sa vidéo «Mansotich» appelant au boycott en a marqué l’apogée. Les 4 minutes et 38 secondes de slam acéré et poignant pour dire une Algérie qui n’en peut plus ont fait sortir plusieurs politiques de leur réserve, l’accusant et le traitant de nihiliste, d’inconscient ou, pire, d’agitateur manipulé par des forces étrangères. Atteignant près de 6 millions de vues sur YouTube, la vidéo a ému beaucoup d’Algériens qui se sont reconnus dans son plaidoyer. Elle rappelle que sur le web, tous les carcans peuvent être brisés. Démocratie virtuelle Sur les réseaux sociaux, plus particulièrement Facebook, les contestations qui explosent sont impossibles à «réprimer». Les pages fleurissent, les critiques sont cinglantes et l’indignation peut prendre diverses causes et formes. Et ce, en toute liberté. Depuis deux jours, une véritable démonstration de force a fait vibrer la Toile algérienne. La page Antivirus DZ a lancé une campagne contre le journal Ennahar, qui a abouti à la fermeture de sa page durant plusieurs heures suite à aux signalements massifs des internautes qui ont répondu à l’appel. La page, qui se donne pour mission «de protéger les Algériens des propagandes abrutissant les esprits», rassemble près de 500 000 fans sur Facebook. Gérée par des amateurs qui s’indignent à l’envi, la page a relayé plusieurs vidéos de fraude durant les opérations de dépouillement, entre autres preuves du discrédit de la classe politique. Agacés semble-t-il par la ligne éditoriale du journal, les animateurs de la page sont montés d’un cran en lançant un appel à signaler la page du journal Ennahar comme contenu incitant à la haine et n’ayant pas sa place sur Facebook. La demande soumise à l’administration du réseau social a été prise en compte, puisque beaucoup d’internautes ont répondu à l’appel. La page a été fermée quelques heures, puis rouverte. Les animateurs d’Antivirus DZ n’ont pas manqué d’appeler à une seconde «attaque» contre la page, qui compte plus de 4,5 millions d’abonnés. Ils promettent de la signaler jusqu’à sa fermeture définitive. Un même appel a également été lancé hier, visant cette fois la page Facebook du «célèbre» et pas très apprécié député FLN Baha-Eddine Tliba… A défaut d’avoir un impact sur le terrain, ces actions virtuelles donnent au moins un rythme et du relief à une vie politique qui en manquait cruellement dans la vraie vie.

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