mercredi 17 mai 2017

Amnesty International dénonce les emprisonnements des militants

L’Algérie figure parmi les pays qui répriment les défenseurs des droits de l’homme sur la base de textes de loi vague.» C’est ce qu’a affirmé l’ONG Amnesty International dans son rapport sur la situation des militants des droits de l’homme dans le monde, rendu public hier. «En Algérie et au Maroc, les autorités gouvernementales s’appuient sur des lois formulées en termes vagues pour ériger en infractions les communications jugées ''insultantes'' ou ''diffamatoires'', ce qui leur permet d’emprisonner les personnes qui critiquent le gouvernement», précise l’ONG dans son document. AI revient également sur le durcissement des accès des organisations aux financements étrangers. «Dans de nombreux pays, comme l’Algérie, une autorisation préalable est nécessaire pour pouvoir prétendre à un financement étranger et les fonds sont soumis à un système spécifique d’approbation du gouvernement, qui nécessite qu’ils soient transférés via des entités financières particulières contrôlées par le gouvernement, ou limités à certaines activités ou organisations. Les organisations considérées comme ''étrangères'' sont tout particulièrement touchées par ces mesures», lit-on dans ce document. A l’occasion de l’examen devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU du rapport de l’Algérie, rappelons-le, Amnesty International a fait une série de recommandations, en appelant à la cessation des «violations continues des droits de l’homme». L’organisation demande également la libération de toutes les personnes détenues. 218 personnes tuées en 2016 dans le monde Revenant sur la situation dans le monde, l’ONG tire la sonnette d’alarme et lance une nouvelle campagne mondiale pour combattre la vague d’attaques dont sont victimes les défenseurs des droits humains. «En 2016, 281 personnes ont été tuées pour avoir défendu les droits humains, contre 156 en 2015. Les défenseurs des droits humains sont la cible d’une vague d’attaques sans précédent, sur fond de discours de diabolisation, de répression de la société civile et d’utilisation généralisée de la surveillance», souligne Amnesty International. Selon l’organisation, les défenseurs des droits de l’homme vivent une époque de peur, de clivages et de politiques de diabolisation. «Dans le monde entier, des discours pernicieux sur le thème ''eux contre nous'' servent à rejeter sur des groupes entiers de population la responsabilité de griefs sociaux et politiques. Les personnes qui osent s’élever pour défendre les droits humains sont de plus en plus prises pour cible et les endroits sûrs pour elles disparaissent à une échelle alarmante. Ces femmes et ces hommes sont confrontés à une déferlante d’actes de harcèlement, de manœuvres d’intimidation, de campagnes de diffamation, de mauvais traitements et de placements en détention illégaux. Certains sont même tués. Et tout cela uniquement pour avoir voulu défendre une cause juste», condamne l’ONG.  

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