dimanche 14 mai 2017

73 000 DA : minimum vital pour une famille

Le pouvoir d’achat des ménages s’est nettement dégradé. L’augmentation des prix des produits due à l’inflation ne permet pas aux salariés de subvenir décemment à leurs besoins. Pour faire face à cette situation, le travailleur algérien devrait percevoir un salaire minimum vital de 73 000 DA par mois pour une famille constituée de 5 personnes. Le chiffre est avancé par le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap) sur la base d’une étude réalisée en avril dernier. «Notre simulation réalisée par un collectif de syndicalistes répartis à travers 30 wilayas démontre que le salaire minimum vital que devrait toucher un fonctionnaire est de 73 000 DA. La commission nationale du Snapap qui a collecté les données n’a pas voulu exagérer ce montant calculé sur la base d’une famille de 5 membres, et des dépenses réduites au strict minimum, comme par exemple un poulet par mois», signale Abdelkader Fatmi, membre de la Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA/Snapap), chargé de la question des salaires. L’étude, dont El Watan détient une copie, précise que les dépenses réservées au logement (location) exigent la plus grande part du salaire (près de 35%), suit l’alimentation (30%). La part réservée à l’habillement est estimée à plus de 8%, alors que celle pour la santé est à près de 7%. Selon l’étude, la différence entre le montant du SNMG qui est de 18 000 DA et le montant nécessaire calculé pour répondre à des besoins basiques (73 000 DA) laisse deviner qu’un grand nombre de familles vivent dans le dénuement. Ces familles «se débrouillent en s’appuyant sur la solidarité (familles nombreuses occupant le même logement), et ce, en réduisant au strict minimum leurs besoins (nutrition, santé, habillement, scolarité), sans prendre en compte le logement et les loisirs», lit-on dans l’étude.   Dégradation en vue Membre du Snapap, Nabil Ferguenis constate que les dépenses des ménages sont très importantes et ne leur permettent pas de bénéficier de loisirs. «Les soins médicaux coûtent cher. Les examens sont à des prix prohibitifs et ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale. Un scanner coûte jusqu’à 15 000 DA. Avec la consultation spécialisée et la batterie d’analyses médicales prescrites, c’est 25 000 DA au minimum non remboursés. Et pour la carte Chifa, l’ordonnance ne doit pas dépasser les 3000 DA et certains médicaments ne sont pas remboursés. Donc, j’estime qu’il faut au bas mot un revenu global de 80 000 à 90 000 DA minimum pour qu’un couple, avec 3 enfants, arrive à bien se nourrir et habiller les enfants et leur assurer une prise en charge correcte.» Selon le syndicat, cette situation catastrophique «va en s’aggravant» vu les différentes lois de finances (2016 et 2017) adoptées pour «faire payer à la population l’absence d’une réelle politique économique au service de cette même population». «Il faut comprendre cela comme une violence sociale continuelle et quotidienne qui est imposée aux travailleurs et à leurs familles. Cette violence est intériorisée dans le silence et la douleur. Mais cette violence émerge parfois lorsque la colère déborde, et c’est à ce moment-là que les idéologues de ce régime interviennent pour dire que cela est dû au manque d’éducation, à l’incivisme, etc.», insiste-il. L’étude, distribuée aux adhérents, indique que «malgré les promesses répétées, le SNMG reste fortement encadré et limité». «Nous devons cibler l’essentiel, c’est-à-dire revoir la grille de salaire et la valeur du point indiciaire, comme nous devons exiger de participer au Conseil national de la fiscalité qui est alimentée par les travailleurs à qui il est interdit de savoir où va cet argent. Nous devons apprendre à raisonner en termes de pouvoir d’achat et de coût de la vie et nous avons le droit de revendiquer une vie décente pour nous et nos enfants», poursuit-on.

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