mercredi 19 avril 2017

Les habitants de la cité menacent de fermer la structure

Aucune plaque ni enseigne n’indique que la polyclinique annexe du CPMC est une structure sanitaire dépendant du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. La polyclinique annexe du centre Pierre et Marie Curie, sise aux HLM du 2e Groupe (place du 1er Mai), qui assure les consultations et les soins ambulatoires aux personnes atteintes de cancer à titre provisoire depuis 2003, semble constituer une «grande gêne» pour les habitants de cette cité de par le nombre de voitures qui viennent s’y garer avec tous les désagréments que cela peut engendrer pour les locataires. Situé au rez-de-chaussée de l’immeuble datant de l’époque coloniale, le centre sanitaire spécialisé assure les soins ambulatoires à près de 300 personnes atteintes de cancer tous types confondus et près de 1000 consultations par mois. L’équivalent de ce que peut assurer un grand Centre hospitalo-universitaire (CHU). Les médecins et le personnel médical ainsi que les patients qui viennent de toutes les wilayas du pays sont désormais contraints de laisser leurs véhicules à l’extérieur, suite à la décision de l’association des locataires de la cité de dresser un portail en fer fermé à clé. Ce qui a suscité la grogne du personnel, notamment les médecins opposés à un des représentants de l’association. «Un médecin a été empêché de rentrer avec son véhicule pour assurer ses consultions, malgré l’intervention des services de sécurité», signalent les responsables de la structure qui affirment que le président de l’APC les a autorisés à installer ce portail. «Aujourd’hui, nous sommes contraints d’aller stationner nos véhicules au CHU Mustapha, où ce n’est pas toujours évident de trouver une place, et puis venir ici assurer les consultations. Pourtant, il n’y a jamais eu de problème depuis 2004. On ne comprend plus rien», confie-t-on. Une virée dans cet établissement nous a permis de constater que l’endroit est réellement inapproprié pour des malades atteints d’une pathologie aussi lourde que le cancer. Aucune plaque ni enseigne n’indique qu’il s’agit bien d’une structure sanitaire dépendant du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Outre l’exiguïté des lieux, la structure est loin d’être assimilée à un endroit sanitaire digne de ce nom. Dès la réception, l’image d’une structure en pleine dégradation est criante. Un grand trou au plafond creusé par les fuites d’eau attire l’attention. Les murs des box des consultations sont dévastés par l’humidité et les fuites d’eaux pluviales. C’est le même tableau dans les sanitaires et les salles de soins, qu’on a tant bien que mal équipés de chaises pour les perfusions des patients. Ainsi, le CPMC a fait de cette structure son centre de tri en attendant de trouver mieux. Hélas, c’est le provisoire qui dure et aujourd’hui les locataires de cette cité n’en veulent plus. Après avoir dressé le portail pour interdire l’accès aux étrangers, le comité de quartier fait circuler une pétition pour la fermeture définitive de ce centre. «Nous n’avons pas interdit l’accès aux malades, mais seulement aux véhicules. Il faut être à notre place pour mieux comprendre la situation. Dès 4h du matin, des véhicules immatriculés de différentes wilayas s’installent au bas des immeubles. Ce qui génère l’obstruction de l’entrée de la cité et nous empêche de nous rendre au travail. En plus, cela dure toute la journée, et le problème se pose aussi pour rentrer chez nous. Notre cité est devenue invivable. De plus, ce centre, qui était auparavant un dispensaire était destiné à assurer les consultations seulement pour une année en attendant de terminer les travaux au niveau du CPMC, mais cela dure depuis 14 ans. On n’en peut plus !» explique un locataire, cadre dans une entreprise nationale, qui était en compagnie de deux représentants du comité de quartier. Le chargé de la communication au centre Pierre et Marie Curie affirme qu’effectivement «des médecins ont été empêchés de stationner et une plainte a été déposée. Le plus important pour nous est que les malades puissent accéder pour suivre les soins en attendant de trouver une solution définitive à ce problème. Normalement, la structure est située à l’intérieur de cette cité, nous avons aussi le droit d’avoir des places de stationnement pour le personnel médical». Du côté de la Direction de la santé et de la population (DSP), le problème est pris en charge afin de trouver les meilleurs moyens pour assurer les bonnes conditions d’accueil aux patients et au personnel médical. Les consultations en oncologie et en sénologie sont malheureusement reléguées dans des endroits inappropriés pour les patients et les soignants. L’exemple de la consultation en démonologie à Alger est édifiant.  

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