mardi 11 avril 2017

Les électeurs de Sétif peu convaincus

La campagne électorale des élections législatives a débuté officiellement dimanche. Les états-majors des 18 listes en lice à Sétif ont mis les bouchées doubles pour pouvoir prendre le train des 19 heureux élus. Tout un arsenal est mis en place. Rien n’a été laissé au hasard. Les 60 communes de la wilaya retrouvent, le temps d’une campagne électorale, un semblant d’activité politique. Mais, la forte agitation que connaissent les permanences des partis qui refont surface se fait dans l’indifférence totale de la majorité des 959 281 électeurs de la wilaya. Puisque les citoyens qui vaquent à leurs occupations quotidiennes ne prêtent aucune attention à ces joutes. Pour d’innombrables causes, le prochain scrutin n’intéresse pas la population occupée, ou plutôt préoccupée par un quotidien pas facile. L’indigeste composante des listes, le nomadisme de vrai-faux militants, l’opportunisme de bon nombre de postulants, les flops des élus sortants qui n’ont pas jugé utile de présenter leur bilan, poussent les gens à tourner le dos à la chose «politique». «Avant de parler de la prochaine législature, que les élus sortants qui ont fait bénéficier, pour certains d’entre eux, leurs enfants et proches de logements sociaux participatifs (LSP) viennent nous présenter leurs bilans», tonnent des citoyens qui en ont ras-le-bol. «Censés représenter l’une des plus grandes wilayas du pays, les 19 députés, qu’on ne connaît même pas, n’ont rien fait. Ils n’ont pas défendu le dossier du nouveau CHU. Ils n’ont, à aucun moment, tapé sur la table pour éviter le gel du complexe sportif de 50 000 places, initié par le président de la République en juin 2007. Le problème de la maternité du CHU, ne disposant pas de gynécologue, n’a pas été soulevé par nos élus. Ne se souciant guère des nombreux problèmes de l’aéroport, nos représentants n’ont pas fait d’effort pour venir en aide aux gestionnaires de l’hôpital qui, en 2017, est toujours dépourvu d’IRM. Le dernier quota des logements AADL, attribué à la wilaya de Sétif qui mérite plus que 7000 unités, n’a pas offusqué nos élus. Ils n’ont pas réagi à l’annulation du projet de la gare intermodale qui a pourtant bouffé des centaines de millions de dinars en études. Loin de l’amère réalité du terrain, ces élus ne s’affichent que durant les visites officielles. Grassement rémunérés, ces gens ne prêtent aucun intérêt à la décrépitude du cadre de vie et à la détérioration du pouvoir d’achat de leurs électeurs. On ne veut donc plus être les éternels dindons de la farce», révèlent non sans colère nos interlocuteurs.  «Je m’abstiens car je n’attends rien de ces gens qui n’ont rien à voir avec la fonction de député. Je n’ai pas le droit de donner ma voix à des individus que je ne connais pas et qui ne sont d’aucune utilité. Sachant que tous les volets de la vie du citoyen sont pris en charge par l’Etat. Je ne vois pas pourquoi j’irai voter pour des gens qui représentent un fardeau supplémentaire pour le Trésor public. Nos pseudo-élus ont-ils un jour pensé aux retraités, aux handicapés, aux personnes vulnérables, aux jeunes chômeurs, aux diplômés sans emploi, aux mères célibataires ?» s’interroge un fonctionnaire à la retraite. «Le changement prôné est un leurre car on postule pour bénéficier d’une confortable retraite. Supposés être les porte-parole de la population abusée des décennies durant, les élus ne sont jamais à l’écoute. Devant faire pression pour régler les problèmes de leurs concitoyens, les élus oublient les engagements pris. Une fois le siège obtenu, ils se volatilisent dans la nature», soulignent des quadragénaires qui tenaient à parler de la domiciliation de la demi-finale de la coupe d’Algérie devant opposer le MCA à l’ESS…

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire