mercredi 12 avril 2017

Le RCD boycotte la mission d’observation électorale de l’UE

Le Rassemblement pour la culture démocratique (RCD) ne rencontrera pas la mission d’expertise électorale de l’Union européenne (UE), qui fait une tournée des partis politiques pour évaluer les élections législatives du 4 mai prochain. Dans un communiqué rendu public hier, le RCD indique avoir reçu une demande d’audience de cette mission d’experts mandatés par l’UE à laquelle il ne donnera aucune suite. Le RCD explique son refus par les limites de cette mission d’observation qui ne fera, selon ce parti, que donner la caution de l’UE à des élections qui seront, comme les précédentes, entachées de fraude. Le RCD rappelle sa lutte pour «la constitution d’une instance indépendante de gestion et d’organisation des élections». Il souligne aussi avoir, en l’espace de huit ans, «dépêché à Bruxelles cinq missions auprès du Parlement et de la Commission de l’Union européenne pour exposer, après analyse et documentation, la nécessité d’envoyer en Algérie des équipes répondant aux mêmes standards que ceux appliqués dans les pays d’Europe centrale dans le sillage de l’effondrement du mur de Berlin, en Amérique latine après la chute des dictatures militaires et, plus tard, dans des pays de l’Afrique subsaharienne puis d’Afrique du Nord quand ils ont engagé des transitions démocratiques crédibles». Le parti de Mohcine Belabbas assure de l’existence de «procès-verbaux» de ces rencontres qui attestent que les parlementaires et les fonctionnaires européens ont appréhendé à sa juste mesure le risque que font peser sur les luttes démocratiques des initiatives dictées par la complaisance ou imposées par le chantage du pouvoir algérien qui exige des mesures spécifiques pour bénéficier de surveillances au rabais. Le RCD affirme qu’«en Algérie, l’Union européenne s’accommode du refus des autorités de mettre à la disposition de ses équipes le fichier électoral national, chose qu’elle rejette sur tous les autres terrains de ses interventions». Pour étayer ce constat, cette formation cite la publication de documents du ministère de l’Intérieur démontrant qu’en 2012, «des partis n’ayant pas dépassé le seuil des 4% se sont vus attribuer des sièges de députés». «Ces dépassements qui ont été portés en leur temps auprès de plusieurs membres de la commission d’observation de l’UE ne figurent même pas dans son rapport final», souligne ce parti qui voit la mission d’observation de l’UE comme une forme de «complicité» avec le pouvoir. «Nous comprenons que les experts de l’Union européenne adaptent leurs travaux en fonction des intérêts économiques, diplomatiques et sécuritaires de leur organisation», souligne le RCD qui rappelle son combat pour la démocratie et contre la violence politique dont le détournement de la volonté populaire représente la manifestation la plus pernicieuse. Le RCD estime que l’UE «comprendra, en conséquence, qu’il s’interdise de servir d’alibi à de prétendues évaluations ou surveillances qui sont au mieux des cautions, au pire des formes de complicité couvrant et, donc, perpétuant des fraudes qui sont à l’origine du drame qui endeuille notre peuple». Cette formation qui milite pour un changement politique pacifique souligne que les Algériens ont arraché l’indépendance de leur pays contre la coalition coupable des démocraties occidentales. Les Algériens ont affronté dans l’indifférence et le cynisme d’une grande partie de l’opinion internationale la décennie noire. «Ils savent, conclut le RCD, que le devoir de tous les patriotes, aujourd’hui, est de conquérir envers et contre tout leur droit de désigner librement leurs représentants.»  

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