mercredi 12 avril 2017

Le bâtonnier de Sétif se succède à lui-même

Le bâtonnier de Sétif revient pour un deuxième mandat à la tête de l’Union nationale des barreaux d’Algérie. Elu samedi dernier par ses pairs, il promet de revoir le statut des avocats et le règlement intérieur pour rendre le recours aux procurations lors du vote assez restrictif, et s’engage à mettre en place une mutuelle des avocats… Me Ahmed Saï, bâtonnier de Sétif, a été réélu, à la majorité des voix, pour un deuxième mandat à la tête de l’Unba (Union nationale des barreaux d’Algérie). Il était en course avec les bâtonniers d’Oran, El Houari Wahrani, et de Batna, Omar Charif. Lors de cette élection qui s’est déroulée samedi dernier au siège de la Cour suprême à Alger, ont été également élus, premier vice-président, le bâtonnier Mohamed Othmani, et deuxième vice-président, le bâtonnier Mabrouk Nadjoua, alors que le bâtonnier Bachir Menad a été désigné comme secrétaire général, et le bâtonnier Salah Brahimi comme chargé des finances. Dans une déclaration, Me Saï a qualifié ce deuxième mandat de «très difficile», en expliquant : «La corporation, qui compte aujourd’hui 42 000 avocats, s’est vulgarisée très vite au moment où le nombre des affaires a sensiblement diminué en raison de la réforme du code de procédure pénale…». Sur les priorités, Me Saï a cité en premier lieu «la mise en place d’une mutuelle des avocats, et en deuxième position la refonte du statut de la profession d’avocat pour élargir la représentation et plaider, pourquoi pas, sans la présence de l’inculpé afin de diminuer la pression sur les justiciables». En troisième position des priorités, a ajouté le nouveau président de l’Unba, la refonte du règlement intérieur et de l’organisation des barreaux. Selon lui, les dernières élections qui ont abouti au renouvellement des bureaux de l’ensemble des barreaux a levé le voile sur «le recours abusif» aux procurations. «A Alger, par exemple, sur 2000 avocats, il y a eu près de 850 procurations. Ce qui ne reflète ni démocratie ni légitimité. Il ne s’agit pas là d’un acte isolé. Dans la plupart des barreaux, le constat est le même. Le constat est désolant. Je vais demander la révision du règlement intérieur pour rendre le recours aux procurations très restrictif et suffisamment justifié.» L’élection de Me Saï à la tête de l’Unba est la dernière étape de l’opération de renouvellement de la composante des conseils de l’ordre au niveau national, qui avait fait couler beaucoup d’encre. A Alger, la capitale, le scrutin a éjecté de lourdes pointures : les bâtonniers Bentouni, Chaoui, Chorfi, ou Me Khaled Bourayou, mais aussi les professeurs d’université de droit, Mes Belkhider et Fadhel, pour laisser place à une équipe de jeunes avocats, que des hommes, que rien ne prédestinait à une telle promotion. Certains ont crié «à la fraude», en évoquant la distribution de nouvelles cartes professionnelles la veille du scrutin, d’autres «à la manipulation des voix par le truchement du recours aux procurations», alors qu’une plainte contre l’élection a été déposée. Me Abdelmadjid Silini se succède donc à lui-même pour un cinquième mandat, pour prendre les rênes d’un conseil où les femmes n’ont conservé que deux sièges. Dans une corporation de plus en plus féminisée, les avocates sont très peu nombreuses dans les barreaux, avec une moyenne de 1 à 2 sièges par conseil, et seulement une qui est actuellement présidente du barreau à Bouira.  

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