samedi 22 avril 2017

L’augmentation reportée après les législatives

Pour éviter que la décision n’influence le cours des élections législatives, le gouvernement a retardé l’annonce de l’augmentation des pensions de retraite, appliquée chaque année à l’occasion de la Journée internationale du travail. Le conseil d’administration de la Caisse nationale de la retraite (CNR) n’a pas encore annoncé de date pour sa réunion et le bureau national de la Fédération nationale des travailleurs retraités (FNTR), qui est programmée annuellement quelques semaines avant le 1er mai, dans l’objectif de finaliser la décision sur le taux de majoration des pensions de retraite à annoncer quelques jours avant sa date de mise en vigueur coïncidant, depuis plus de 20 ans, avec le 1er mai. Selon une source proche de la FNTR, cette dernière revendique une majoration de 7% des retraites, «mais la réunion avec le conseil d’administration, durant laquelle ce montant sera négocié, est retardée. La date sera fixée après les législatives du 4 mai». Les pouvoir publics craignent, sans doute, les retombées néfastes de l’annonce d’une augmentations inférieure à celle réclamée par la FNTR et qui impacterait négativement sur le taux de participation aux élections, l’Algérie comptant près de 3 millions de retraités. Les mesures impopulaires d’austérité déjà appliquée par le gouvernement, qui ne cesse de les défendre, et l’argument financier mis en avant pour justifier la mise en vigueur de la nouvelle loi sur la retraite ayant nécessité la suppression de la retraite anticipée, sont certainement une introduction pour «l’annonce d’un taux d’augmentation insignifiant», estiment d’anciens membres de la FNTR. Le ton est donné depuis déjà une année, avec la hausse de seulement 2,5%, sans grand impact sur les pensions qui, pour la plupart, n’ont été augmentées que de 400 DA. Le mécontentement des retraités risque de durer encore cette année avec l’injustice du système de calcul des retraites qui n’est favorable qu’aux pensions aux hauts montants. Et les pouvoirs publics, cherchant à éviter à tout prix un débat ou un mouvement de mécontentement pouvant influencer le taux de participation aux législatives. Le débat sur le régime de la retraite a, faut-il le rappeler, démasqué les injustices des régimes spécifiques de retraite et le manque d’équité dans ce système car «au moment où certaines catégories de fonctionnaires et hauts cadres de l’Etat continuent de jouir d’une retraite à 100% en gardant tous les privilèges d’une carrière de moins de 20 ans, des milliers d’autres fonctionnaires et travailleurs doivent se débrouiller et vivre dans la précarité, même s’ils ont cotisé durant plus de 35 ans !»  

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire