mercredi 19 avril 2017

BRC, enigme d’une dissolution

10 décembre 2006. «Attentat anti-américain à Alger. Bilan : une victime algérienne». Le titre de L’Orient le jour, le journal libanais, n’entendait pas faire de l’humour autour de l’attentat de Bouchaoui dont les circonstances troubles demeurent à ce jour un secret d’officines. Deux minibus transportant des cadres de BRC, rentant à la nuit tombée à leur hôtel du Sheraton, tombent dans un guet-apens, mitraillés par un groupe armé, touchant mortellement un des chauffeurs algériens et blessant deux Libanais, quatre Anglais, un Américain, un Canadien et un autre Algérien. «Un attentat pas comme les autres», commentait plus tard Louisa Hanoune (conférence de presse, 14 février 2007), porte-voix du Parti des travailleurs qui n’y décèle aucune analogie avec la série d’attentats suicide qui frapperont la capitale Alger, Boumerdès et Tizi Ouzou. Intervenue dans la foulée de la promulgation, le 3 décembre 2006, du décret exécutif portant instauration de la TPE , la taxe sur les profits exceptionnels, l’attentat avait valeur de sommation et eut comme conséquence directe l’accélération de la dissolution de la société mixte algéro-américaine dont le corps du délit devait à tout prix disparaître. La dissolution de BRC, attribuée à une décision du président Bouteflika, demeure une énigme. Dans le journal officiel, il n’est fait état d’aucun décret présidentiel portant dissolution de BRC. Auteur de l’étude « : Scandales de Sonatrach ou scandales du système de pouvoir absolu et illégal? », feu Maâmar Boudersa s’interrogeait sur les conditions de cette dissolution qui cache mal , selon lui une «mise en faillite frauduleuse» d’une société algérienne employant entre 1100 et 1700 travailleurs. «La dissolution entraîne la liquidation de la société et de toutes les autres pièces comptables, financières, documents, c’est-à-dire enterrer les crimes et délits commis par le PDG et les administrateurs de ces sociétés (…)», écrit le professeur Boudersa qui, à l’issue de ses recherches, ne trouvera aucune trace d’une quelconque assemblée générale des actionnaires, seule habilitée par le code du commerce à prononcer la dissolution de la société par action. Et pas la moindre délibération en rapport à une dissolution anticipée et aucune publicité au bulletin des annonces légales du CNRC, le Centre national des registres de commerce. Dans le Jour d’Algérie du 9 décembre 2007, il est pourtant fait état de la tenue de deux assemblées générales des actionnaires. La première date du 20 septembre au cours de laquelle la dissolution anticipée a été décidée, et la seconde du 18 octobre de la même année et à l’issue de laquelle un liquidateur, Abderrahmane Boufnara, a été désigné.

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