jeudi 13 avril 2017

Bouchafa à Constantine : «Le FFS est un parti de gauche»

Critiquant le pouvoir, le représentant du FFS imputera tous les mauvais choix faits depuis 1962 au pouvoir. Le FFS est un parti de gauche, a rappelé hier Abdelmalek Bouchafa, précisant que le caractère social de l’Etat est une ligne rouge à défendre pour son parti. Et comment ? «Nous encourageons l’initiative privée, mais pas dans les secteurs stratégiques qui doivent rester l’apanage de l’Etat. Nous encourageons les créateurs de richesses, de valeur ajoutée, d’emploi, et qui payent leurs impôts sans tricher», a expliqué, hier, le premier secrétaire du FFS en réponse à une question d’El Watan. C’est bien rare que la formation du regretté Aït Ahmed mette en valeur la couleur rouge de son identité, privilégiant de placer en avant des positions propices au consensus cher au parti. Mais c’est la campagne électorale, et le FFS est obligé parfois de quitter sa réserve pour se dévoiler davantage. Et c’est tant mieux. Le premier secrétaire du FFS a animé, hier, une conférence de presse à Constantine, où il est tête de liste du parti pour les élections législatives. Et au lieu d’organiser un meeting, formule usée par tous, le FFS a préféré rencontrer la presse avant d’aller battre le pavé dans des quartiers populaires comme El Gammas et les communes démunies comme Messaoud Boudjeriou, histoire de montrer sa proximité avec le petit peuple. Au siège de la fédération du parti, qui fait aussi office de permanence du seul député FFS de Constantine, Bouchafa a dévoilé les grandes lignes de la politique de son parti, et aussi son ambition de gagner quatre sièges dans la capitale de l’Est, où le FFS revoit à la hausse ses ambitions. Critiquant le pouvoir, le représentant du FFS imputera tous les mauvais choix faits depuis 1962 au pouvoir, des choix qui n’ont pas apporté, dira-t-il, l’Algérie de Novembre et de la plateforme de la Soummam. Mais comment expliquer la participation du FFS dans un jeu tenu de bout en bout par ce même pouvoir ? A cette question, Bouchafa précise d’abord que son parti est inapte à la normalisation, en préciseant : «Nous ne participons à aucun gouvernement, parce que nous ne sommes pas des fonctionnaires et nous ne cherchons pas des postes d’emploi. Notre seule préoccupation c’est la reconstruction du pays, notre référence est la plateforme de la Soummam.» Une référence qui est loin de faire consensus, notamment au sein du camp islamiste ou encore chez une bonne partie des partis nationalistes hostiles au caractère républicain et moderne de l’Etat algérien, prôné par la Soummam. La stratégie de la participation, il l’expliquera aussi par la volonté d’approfondir les débats et l’exacerbation du rapport de force au sein de la classe politique et surtout de la société. Cette même société qui devient l’enjeu principal pour faire la différence dans l’avenir. Le FFS pense que le pouvoir a tout fait pour pousser les Algériens à l’abstention et qu’il est le seul responsable de cette attitude. Bouchafa affirme aussi que la participation massive des Algériens au vote, comme forme exemplaire de la lutte pacifique, est seule capable de renverser la situation et vaincre les tenants du pouvoir et du statu quo. Il s’illustrera, par ailleurs, et de manière quelque peu hautaine, en affirmant que le FFS est le seul parti de l’opposition ; une affirmation qu’il rectifiera plus tard, en aparté avec le journaliste d’El Watan, pour dire qu’il cible les formations politiques nouvellement créées et non pas tous les partis. La conférence de presse était aussi l’occasion, pour l’ancien responsable fédéral du parti à Constantine, de réitérer les positions du FFS sur la nature de la crise en Algérie et ses propositions de sortie de crise : «Il est impératif que les réponses soient claires pour traiter les problèmes de l’Algérie. Pour ce faire, il faut un changement radical et pacifique du système en place ; il faut aller vers une deuxième République fondée sur des institutions légitimes, une justice indépendante et non politisée comme aujourd’hui, des médias libres et un Etat de droit et de libertés. Aucune force ne peut dire qu’elle peut à elle seule sortir le pays de la crise ; la seule solution c’est un consensus entre toutes les forces politiques et syndicales et entre tous les Algériens pour en finir avec la crise morale et politique et se libérer pour traiter la crise économique. Si on ne règle pas ces problèmes de fond, même avec un baril à 200 dollars on ne sortira pas de la crise.»

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