lundi 30 novembre 2015

«Le pouvoir parallèle est derrière la condamnation»

La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a qualifié le procès du général Hassan de «parodie honteuse et scandaleuse». S’exprimant hier, lors d’une conférence de presse au siège de son parti, la première dame du PT s’est dite outrée par la condamnation du général Hassan à cinq ans de prison ferme pour «infraction aux consignes» et «destruction de documents». «C’est une honte. Honte à ceux qui ont condamné un héros et une icône de la lutte antiterroriste. Les griefs retenus contre le général Hassan sont à nos yeux irrecevables», s’insurge-t-elle, avant de s’interroger sur les commanditaires de cette «machination» et sur ceux qui ont donné l’ordre de poursuivre le général en justice ? Mme Hanoune accuse «le pouvoir parallèle» d’être derrière l’arrestation du général Hassan. «Le pouvoir parallèle a osé dicter une décision politique contre le général Hassan. Nous savons tous et le peuple algérien sait pertinemment que ce n’est pas le général Hassan qui est coupable d’association de malfaiteurs mais plutôt Chakib Khelil. Les coupables, ce sont l’oligarchie et Chakib Khelil. Ce sont eux qui ont constitué une association de malfaiteurs», accuse ouvertement la secrétaire générale du PT. A la question de savoir qui est ce pouvoir parallèle, Mme Hanoune réplique  : «Je n’ai pas le déshonneur de les connaître et de les fréquenter. Le pouvoir parallèle est composé de plusieurs personnes. Je ne peux pas mettre de noms. Cela ne relève pas de mes prérogatives.» Pour elle, la condamnation du général Hassan est une invitation à Daech, à El Qaîda et autres groupes terroristes et une offre de service au terrorisme. Mme Hanoune craint pour l’immunité du pays. «La condamnation du général Hassan est  une offensive meurtrière contre l’armée qui est la colonne vertébrale de l’Etat. Cette décision abjecte et odieuse aggrave la perte de l’immunité du pays», affirme-t-elle. Par ailleurs, la conférencière est revenue dans le détail sur le projet de loi de finances 2016, qu’elle qualifie d’«antisocial» dont les répercutions seront terrifiantes pour les communes, les collectivités locales et l’administration de manière générale. Aucun secteur, selon elle, ne sera épargné par la politique d’austérité. «Les projets de construction des écoles, des hôpitaux, des établissements pour la jeunesse et les sports seront annulés. Il y a même des walis qui font dans l’excès de zèle en faisant des économies sur le dos des citoyens», dénonce Mme Hanoune, qui estime qu’aujourd’hui, les Algériens font face à la criminalisation du patriotisme, de la compétence, de la fidélité et de l’abnégation et que «certains députés se sont comportés comme des gangsters». Elle est triste pour l’Algérie et demande aux martyrs de se réveiller.  «Réveillez-vous, ils sont en train d’assassiner et de détruire l’Etat algérien pour assurer le retour du système de l’indigénat. C’est l’unité de la nation qui est en jeu», fulmine Mme Hanoune, qui demande aussi aux députés de la majorité qui ont exprimé leur colère contre la LF 2016 de rejeter ce projet et de stopper la machine infernale : «Il ne faut pas légaliser la mort de notre pays et il ne faut pas légaliser le gangstérisme.» La secrétaire du PT a, en outre, critiqué la décision du ministre du Travail de geler des recrutements. Où vont aller les 140 000 diplômés universitaires, s’est-elle interrogé. Pour Mme Hanoune, il y a aussi la menace de disparition de la Sécurité sociale.

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