vendredi 9 décembre 2016

Le général Gaïd Salah rappelle les missions constitutionnelles de l'ANP en tant qu' «armée républicaine»

Le général de corps d'armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d'Etat-Major de l'Armée nationale populaire (ANP), a rappelé jeudi à Blida les missions constitutionnelles de l'ANP, en tant qu'«armée républicaine» ayant pour «seul objectif de servir l'Algérie et uniquement l'Algérie», indique un communiqué du ministère de la Défense nationale. Lors d'une visite de travail et d'inspection en 1ère Région militaire, le chef d'Etat-Major a prononcé une allocution d'orientation suivie, via visioconférence, par les éléments des unités de la Région, à travers laquelle il a «rappelé l'importance de cette rencontre qui coïncide avec le début de l'année d'instruction, de formation et de préparation 2016-2017, au regard de la grande importance qu'attache le Haut Commandement à la préparation au combat des forces armées», précise la même source.  «L'ANP est une armée républicaine, fidèle au serment, à la ferme abnégation et dévouement, qui attache à ces valeurs leur véritable sens, et les imprègne dans les esprits et les âmes de ses éléments, au service de l'Algérie et uniquement l'Algérie, une armée cernant parfaitement ses responsabilités et prérogatives, qui adopte une stratégie à long terme, aux approches graduelles et rationnelles, aux objectifs profonds, aux repères clairs et à une vision perspicace», a-t-il souligné. Cette stratégie, a-t-il affirmé, «a prouvé son efficacité sur le terrain, car nous, au sein de l'ANP, privilégions l'acte à la parole, oui nous privilégions l'acte à la parole, et nous sommes aujourd'hui, grâce à Allah le Tout-Puissant, et grâce à cette ligne droite de conduite, capables de sauvegarder notre Patrie et faire face à toute menace quelle qu'en soient l'ampleur et l'origine». «Dans ce contexte, j'ai déjà confirmé à plusieurs occasions que l'ANP digne héritière de l'Armée de libération nationale (ALN) accomplit ses missions conformément à la Constitution et suivant les orientations de Son Excellence Mr le Président de la République, Chef Suprême des Forces Armées, Ministre de la Défense nationale, et demeurera à jamais, en accomplissant son devoir national, fidèle aux valeurs du serment prêté devant Dieu, devant le peuple et devant l'histoire».  «C'est une conduite à perpétuelle conviction, qui puise, a-t-il affirmé, de l'esprit de novembre, que ne saura appréhender le sens profond que ceux qui font partie de ces grands hommes n'ayant point omis qu'ils sont issus d'un pays ancestral» de grandes valeurs, et de principes immuables dénommé l'Algérie. «S'inspirant de cet ancrage historique et de ce pays glorieux, l'ANP continue d'exercer inlassablement ses missions, faisant de la sécurisation de l'Algérie et de son peuple, et de la sauvegarde de sa stabilité, son indépendance et sa souveraineté nationale sa priorité, dans un contexte régional caractérisé par des mutations et des évènements suscitant la méfiance», a rappelé M. Gaïd Salah. Le vice-ministre de la Défense nationale a assuré, également, que l'ANP «a misé, et le demeure toujours, sur l'unité du peuple algérien avec son armée, et c'est ce qui est démontré à travers le soutien et le rassemblement des fidèles fils du peuple algérien autour de leur armée, en accomplissant ses missions».  «Telle est notre vision et tel est notre chemin pratique et approprié, qui a fait ses preuves sur le terrain, et que nous avons veillé à emprunter durant ces dernières années, en investissant et nous avions raison de le faire, durant l'accomplissement de notre mission au sein de l'ANP, digne héritière de l'ALN, dans ce que renferment les réserves de notre peuple conscient et enraciné, en terme d'abnégation et en dévouement envers l'Algérie», a-t-il ajouté. «Cette patrie, a-t-il souligné, qui a besoin des efforts de tous, des efforts basés sur l'unité du peuple avec son armée, l'entraide, la solidarité et le perpétuel engagement de servir l'Algérie et de préserver sa sécurité, sa stabilité et sa souveraineté nationale», a-t-il poursuivi. Pour le chef d'Etat-Major, «c'est une noble responsabilité, autant que nous la jugeons du ressort de nos principales responsabilités, autant que nous la considérons fondamentalement le legs des martyrs, pour nous et pour tous les fidèles de l'Algérie, nécessitant sa perpétuelle préservation et sa sauvegarde». «Tel est le fondement du sens de citoyenneté, en soutenant et en se rassemblant autour de leur armée qui poursuit l'accomplissement de ses missions assignées, et dont elle a prêté serment devant Dieu de mener avec fidélité, abnégation et dévouement», a-t-il fait valoir. Gaïd Salah a réitéré, à cette occasion, «la gratitude et l'appréciation» du Commandement et des personnels de l'ANP au contenu du message du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, adressé lors de la célébration du 62e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954, et qui a salué «les sacrifices consentis des éléments des Forces Armées». «En mon nom personnel et au nom de tous les éléments de l'ANP, j'ai le plaisir de réitérer toute notre gratitude et notre appréciation au contenu du message de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef Suprême des Forces Armées, Ministre de la Défense Nationale, adressé au peuple algérien à l'occasion de la célébration du 62e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954», a affirmé Gaïd Salah. Il a rappelé qu'à travers ce message, le président Bouteflika «a souligné que l'Algérie sait pouvoir compter sur les capacités, le professionnalisme et le patriotisme de l'ANP, digne héritière de l'ALN, ainsi que sur le potentiel et l'expérience de ses corps de sécurité, pour préserver l'intégrité du territoire et éradiquer les résidus du terrorisme de son sol, en rendant à cette occasion un hommage appuyé aux officiers, sous-officiers et djounoud de l'ANP, pour leur mobilisation et leurs sacrifices au service de la Patrie». La visite du chef d'Etat-Major de l'ANP à la 1ère Région militaire entre dans le cadre de ses visites sur le terrain aux Régions militaires afin de «s'enquérir de la situation et de la disponibilité opérationnelle des unités et dans le cadre du renforcement du contact direct et permanent avec les personnels des Forces Armées», précise le communiqué. «Après la cérémonie d'accueil et avoir récité la Fatiha sur l'âme du martyr le Colonel M'hamed Bougara, dont est baptisé du siège du Commandement de la Région, le général de corps d'Armée et en compagnie du général-major Habib Chentouf, commandant de la 1e Région militaire, a tenu une rencontre avec les cadres et personnels de la Région, en présence des représentants des différents corps de sécurité», ajoute la même source. Le général de corps d'Armée a, par ailleurs, écouté les interventions des cadres et personnels de la Région, «qui ont toutes convergé vers leur immuable et éternel dévouement à l'ANP et à l'Algérie, et leur total engagement au sacrifice pour la sécurité et la stabilité du pays». Lors d'une seconde réunion, il a rencontré le Commandement, l'Etat-Major et les cadres de la Région, ainsi que les responsables des différents corps de sécurité, durant laquelle «il a suivi un exposé présenté par le chef d'Etat-Major de la Région sur la situation sécuritaire globale du secteur de compétence, pour donner ensuite des instructions et des orientations générales mettant l'accent sur la nécessité de redoubler d'efforts pour assainir l'Algérie des résidus du terrorisme», indique le communiqué.  


6 clés à connaître pour le e-paiement

Le paiement en ligne sera désormais possible pour les clients d’Algérie Poste après le lancement mercredi de la carte Edahabia. Il y a deux mois, l’opération avait touché une dizaine de banques. Pour l’heure, la majorité des transactions concernées porteront sur le paiement des factures d’eau, d’électricité et de téléphone, ainsi que l’achat de billets d’avion en attendant une généralisation vers d’autres web marchands. En six points, voici ce que vous devez savoir sur le e-paiement. Obtenir sa carte Pour obtenir la carte Edahabia, le citoyen doit en faire la demande sur le site www.poste.dz en accédant à l’onglet BaridiNet. Après avoir complété un formulaire, l’utilisateur recevra un mot de passe sur son téléphone via sms avec un code de confirmation, — cependant pour commander les cartes d’Algérie Poste, il faut avoir un numéro de téléphone Mobilis. Ce dernier introduit, un second sms l’informera sur la possibilité de retirer sa carte auprès de son bureau de poste. Pour les clients de banque, 11 établissements bancaires sont concernés par le e-paiement : BADR, BDL, BNA, CPA, BEA, CNEP, Natixis Algérie, Société Générale Algérie, Gulf Bank Algérie, Trust Bank Algérie et Al Baraka. Les clients doivent d’abord demander une carte CIB et ensuite un mot de passe pour pouvoir effectuer leurs transactions en ligne. Ils peuvent le faire au niveau de leur agence bancaire ou sur le site www.bitakati.dz. Vous avez déjà une carte ? Ceux qui disposent déjà d’une carte CIB et l’utilisent pour le retrait et parfois le paiement via des terminaux de paiement électroniques (installés au niveau de certains commerces et magasins comme Ardis ou Uno), doivent aussi demander un mot de passe auprès de leur banque ou sur la plate-forme de Bitakiti. Le mot de passe déjà en leur possession ne peut être utilisé pour les transactions en ligne, même si la carte  est compatible. En revanche, pour les clients d’Algérie Poste qui ont déjà une carte en cours de validité, celle-ci n’est pas compatible avec le système de paiement en ligne. Ils devront attendre l’émission des nouvelles cartes en cours de fabrication qui remplaceront progressivement les anciennes d’ici le premier semestre 2017. En attendant ils peuvent toujours continuer à utiliser les cartes en leur possession pour retirer l’argent depuis les distributeurs de la poste. Comment payer ? Pour pouvoir effectivement faire une transaction en ligne, il faut se connecter au site du web marchand (ex : Air Algérie, Algérie Télécom, Seaal), mais ce n’est pas tout le monde qui est prêt pour ce genre d’opération. Sur le site de Sonelgaz, il n’y a aucune mention ni lien pour le paiement des factures en ligne. L’autre option est alors de se connecter sur le site web des banques concernées émettrices de cartes CIB. Certaines banques privées, comme Société Générale, proposent déjà ce service sur leur site, mais pas encore les banques publiques. Chez Algérie Poste, le payement des factures Sonelgaz, Seaal et ADE se fait sur BaridiNet après s’être connecté au portail www.poste.dz. Quelle que soit la méthode choisie, les instructions des étapes à suivre pour régler le paiement vous sont communiquées sur le site web utilisé (des web marchands, les banques ou la poste). La transaction donne lieu à l’émission d’une preuve de règlement que le client peut imprimer au besoin. Que puis-je acheter sur Internet ? C’est n’est pas demain que vous pourrez acheter un cuisinière ou un téléviseur et le régler en ligne. Le e-paiement ne concerne pour l’instant que le payement des factures d’eau, d’électricité et de téléphone. Les compagnies aériennes Air Algérie et Tassili Airlines peuvent également vendre leur billet sur internet pour les détenteurs de cartes CIB. Pour un commerce en ligne plus généralisé, il faudra attendre la promulgation d’une loi sur le e-commerce. Selon la ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, ce texte est à l’étude au niveau du gouvernement. Il n’est pas prévu qu’il voit le jour dans l’immédiat. Les détenteurs d’Edahabia peuvent toutefois acheter certains produits artisanaux et high-tech sur la e-boutique existante sur le site web d’Algérie Poste. Après l’achat et le paiement, le client recevra ses produits via les structures de distribution de la poste. La carte lui permettra aussi  de retirer de l’argent  depuis les distributeurs d’Algérie Poste et payer via des TPE Suis-je protégé ? Les autorités en charge du lancement du paiement en ligne ont assuré que les plateformes dédiées à ce service sont totalement sécurisées. Des experts ont également indiqué que les techniques visant à sécuriser la carte de paiement ainsi que les transactions en ligne existent et sont entièrement pris en charger. Aussi bien les cartes CIB et que Edahabia sont dotées de la norme internationale EMV qui, explique-t-on, rend très difficile les opérations de fraude. Algérie Poste assure que sa carte est hautement sécurisée, notamment grâce à la possibilité de vérification des identités des clients. En gros, dès qu’il y a une transaction sur votre compte, vous en serez averti par sms. Il reste que le risque 0 n’existe pas et que la sécurité des opérations de paiement en ligne dépend aussi de celle la sécurité de la connexion internet utilisée. 3020 Vous avez perdu votre carte, vous avez été volé ? La première chose à faire est de mettre la carte en opposition provisoire en appelant le centre d’appel interbancaire sur le numéro vert 3020. Ensuite, il faut s’adresser à sa banque pour confirmer l’opposition. Même chose, si vous avez oublié votre code confidentiel, il faut vous adresser à votre banque. Dans le cas où le relevé bancaire ne corresponde pas aux transactions que vous avez effectuées (transaction enregistrée deux fois, erreur du commerçant ou de la banque, tentative d’escroquerie), rapprochez-vous de votre agence bancaire. Vous ne serez pas remboursé dans la minute qui suit, mais vous le serez quand même à condition de garder la trace de la transaction (relevé, ticket… ).

Migrants : Opération de rapatriement ou refoulement massif ?

Après les Nigériens, le rapatriement a été élargi à d’autres nationalités (guinéenne, malienne, béninoise, burkinabè, ivoirienne, camerounaise et sénégalaise). Les Sierra Léonais, Nigérians, Togolais, Libériens et Congolais font également partie du voyage. Regroupés dans le Centre d’accueil de la wilaya Tamanrasset (CAT) pour accomplir les formalités d’usage, plus de 989 migrants, 859 hommes, 45 femmes et 85 enfants de nationalités différentes ont été acheminés, mardi matin, vers In Guezzam avant de rallier le centre de réfugiés d’Agadez, au Niger, où ils devaient être transférés vers leur pays d’origine sous la houlette de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). L’opération, qui en est à son 52e contingent, s’est déroulée en coordination avec les services de sécurité et des bénévoles du Croissant-Rouge algérien. Après les Nigériens, le rapatriement semble être élargi à d’autres nationalités— guinéenne, malienne, béninoise, burkinabée, ivoirienne, camerounaise et sénégalaise. Les ressortissants de la Sierra Leone, du Nigeria, du Togo, du Liberia et de la République démocratique du Congo ont également profité de ce voyage qui s’apparente à une opération de «refoulement massif» pour laquelle 21 bus et 2 camions de gros tonnage ont été mobilisés, a-t-on appris auprès d’une source du CAT, lequel s’apprêtait déjà à accueillir la 53e vague en provenance de la wilaya d’Alger. Au total 19 116 migrants ont été rapatriés depuis le début de l’opération en décembre 2014, précise notre source, mettant en exergue les moyens déployés par les autorités algériennes dans le but d’honorer les engagements humanitaires pris vis-à-vis de cette population vulnérable. Le dossier, sur lequel veille personnellement le premier magistrat de la wilaya, Belkacem Silmi, est vraisemblablement d’une importance capitale pour l’Algérie qui s’attire toujours les foudres de l’opinion internationale quant à la question de l’immigration, notamment de la part du Département américain qui a chaque fois dénonce «la traite des migrants» dans ses rapports annuels. De son côté, l’association Rassemblement, actions et jeunesse (RAJ-Algérie) a, en exprimant son inquiétude face à la recrudescence des actes de violence et de racisme à l’égard des migrants subsahariens, condamné avec énergie «cette opération d’humiliation qui constitue une grave violation des droits des migrants et des engagements internationaux de l’Algérie». Dans un communiqué, le RAJ interpelle les pouvoirs publics sur leurs responsabilités d’assurer la sécurité, de respecter et de garantir les droits des migrants conformément aux standards internationaux des droits humains. Ce n’est pas l’avis de la présidente du CRA, Saïda Benhabylès, qui tient à souligner que le travail accompli au profit des migrants réaffirme «le primat de la dignité humaine» à travers le Centre d’accueil de Tamanrasset qui est dévolu à la consécration des valeurs de solidarité. Suivi Les autorités compétentes doivent, toutefois, penser à renforcer cette structure en matière d’effectifs et de personnel permanents à l’effet de parer à certains dépassements qui nuisent au déroulement des opérations de rapatriement, notamment sur le plan organisationnel. Notons que la cellule administrative du centre, dont la capacité d’accueil est de 1140 places à raison de 12 lits dans 96 chalets, est composée de 6 cadres travaillant en étroite collaboration avec les représentants consulaires des pays d’accueil, les services de sécurité de la wilaya et ceux de la Protection civile. L’infrastructure est dotée de toutes les commodités nécessaires, dont une cuisine et un réfectoire bien équipés, indique le président de comité de wilaya du CRA, Moulay Cheikh, en insistant sur le contrôle de la gestion des opérations de rapatriement qui se sont déroulées sans incident majeur, hormis les quelques désagréments et saccages enregistrés dans les chalets. «Rien que pour les deux dernières vagues, 46 bénévoles du CRA ont été mobilisés», a-t-il dit. Et d’indiquer que deux autres équipes, composées de psychologues, d’un médecin et de paramédicaux, assurent la prise en charge sanitaire des migrants avant de les laisser rentrer chez eux. A la question sur les Subsahariens de nationalité autre que nigérienne qui seraient accueillis puis libérés sur notification des services consulaires du Niger, notre interlocuteur dément formellement cette rumeur : «Toute personne accueillie au centre est rapatriée vers le camp d’Agadez.» En effet, l’Etat nigérien s’est inscrit dans cette démarche en accordant à d’autres pays africains l’autorisation de rassembler leurs ressortissants sur son territoire pour faciliter leur rapatriement. Bon voisinage C’est d’ailleurs ce qui a été convenu lors de la dernière réunion du conseil de sécurité de la wilaya de Tamanrasset avec les services consulaires du Niger, a-t-on confirmé de sources crédibles, qui n’ont pas manqué d’évoquer l’hospitalité et les principes du bon voisinage de cette wilaya cosmopolite. L’ampleur qu’a pris le phénomène de l’immigration a, faut-il le signaler par ailleurs, poussé nombre d’associations à fédérer des énergies pour améliorer les conditions de vie de ces populations vulnérables, les prévenir des comportements à risque liés au VIH/sida et aux maladies sexuellement transmissibles à même de leur faciliter l’accès aux soins et au droit à la santé. L’association nationale Green Tea, pour les aides humanitaires et la promotion de la santé, basée à Tamanrasset, s’emploie ainsi à protéger cette frange souvent perçue comme source de maladies et de maux affectant notre société. Un espace d’échanges et de soutien, composé de salles d’éducation thérapeutique, de consultations psychologiques et de formation d’éducateurs communautaires, lui a été dédié par l’association qui s’est également investie dans l’information et la prévention contre le VIH/sida. La mise en place de ce centre, premier du genre à l’échelle nationale, a ainsi permis de prévenir les comportements à risque parmi les différentes catégories de la population et d’améliorer les conditions de vie des personnes vivant avec le virus en soutenant leur insertion familiale, sociale et professionnelle, a souligné le président de l’association, Guemmama Mohamed. Ce dernier œuvre à l’encouragement du dépistage massif en collaboration avec le centre de dépistage volontaire de Tamanrasset. Selon notre interlocuteur, 4431 migrants ont été dépistés cette année, dont 52 cas avérés positifs. A cette période, 6465 migrants de 17 nationalités ont été rencontrés par les relais communautaires engagés avec pour but de proposer des solutions adaptées à leur situation grâce à un accompagnement psychologique personnalisé et permanent, suivant une approche de prévention qui exclut toute attitude de stigmatisation ou de discrimination raciale.

SNTF : Les grévistes demandent une enquête sur la gestion des ressources humaines

Les conducteurs de train de la SNTF ont organisé, mardi dernier, une grève pour demander la classification des postes qu’ils attendent depuis plus de six mois. Ils dénoncent aussi la nouvelle grille de salaires décidée d’un commun accord entre la direction de la SNTF et le syndicat. Les grévistes dénoncent la mauvaise gestion et réclament une enquête. «Nous dénonçons la mauvaise gestion des ressources humaines au sein de la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) et nous sommes contre sa privatisation.» Haroun Boulemya, chef de train principal, 40 ans, leader syndical de la section de traction d’El Hamma gelée en mai dernier par l’UGTA, dénonce ce qu’il qualifie «de coup prémédité contre la SNTF». «Il y a une volonté claire de mettre à genoux la SNTF afin de justifier sa privatisation. Beaucoup d’entreprises publiques ont connu ce sort. La tutelle, la direction ainsi que l’UGTA sont de connivence sur ce plan. Elles ont déjà tenté le coup en 2015 en essayant de conclure un accord de partenariat avec la Société française de transport ferroviaire (SNCF). Elles ont fini par y renoncer après la menace des travailleurs de recourir à nouveau à la grève. Aujourd’hui, en augmentant ‘‘illégalement’’ le salaire des travailleurs, elles tentent d’acheter leur silence afin de concrétiser ce projet.» Les propos de Haroun Boulemya peuvent paraître «ambigus», car le syndicat de l’entreprise, à savoir la Fédération nationale des cheminots (FNC), n’en a pas parlé ni même la direction de la SNTF. Mais si sa déclaration reste une lecture, M. Boulemya et ses collègues, qui ont observé une journée de protestation mardi dernier et qui ont paralysé tout le réseau ferroviaire de la région d’Alger et sa banlieue, ont un argumentaire «solide» qu’ils tiennent aujourd’hui à faire valoir et à rendre public. Maintenanciers Mardi matin devant le siège de la FNC à Alger-Centre. Après avoir décrété une journée de protestation et gelé le réseau ferroviaire algérois, une centaine de conducteurs de train, vêtus de gilets roses portant le logo de la SNTF, ont fait le déplacement au siège de la direction et observé un rassemblement à quelques pas de l’enceinte de leur syndicat, situé dans la même ruelle. Sur leurs pancartes, on pouvait lire : «Nous demandons les résultats de l’expertise sur la classification des postes», une revendication portée par les travailleurs lors de leur dernière grève de neuf jours, organisée en mai dernier. Cependant, ils n’étaient pas les seuls à organiser un rassemblement devant la FNC. Les maintenanciers de l’unité BPML de Rouiba étaient aussi du rendez-vous. Interrogés, ces derniers expliquent qu’«ils s’opposent catégoriquement à la grève des conducteurs». «La direction a décidé d’augmenter nos salaires, en fonction de nos années d’expériences cumulées, mais il s’avère que les conducteurs de train s’y opposent, ce que nous ne comprenons pas. Ce sont des agitateurs qui œuvrent contre les intérêts des cheminots», dénoncent, sous le sceau de l’anonymat, des maintenanciers, rencontrés devant le siège de la FNC. Furieux, un cheminot qui s’apprête à partir en retraite s’indigne : «J’ai travaillé pendant plus de 30 ans à la SNTF. Et c’est quand l’entreprise a décidé de rentabiliser mes années d’expérience après un blocage qui a trop duré, à mon sens, que mes collègues décident de tout bloquer ! Ce n’est pas normal. Je mérite tout de même une retraite digne.» «Les contre-manifestants», qui ont fait le déplacement l’après-midi au siège de la centrale, étaient unanimes «à soutenir solennellement la FNC qui a signé l’accord des révisions des salaires en question, l’UGTA qui avait appuyé et la direction de l’entreprise qui avait concrétisé, quant à elle, un accord tant attendu, selon leurs dires, par les 13 000 cheminots que compte la SNTF». Pour l’instant, les propos des pro-FNC paraissent plausibles. Mais ce qui reste par contre anormal dans cette affaire est cette opposition des conducteurs à ladite augmentation, sachant qu’eux-mêmes sont concernés. Question que peut poser toute personne qui s’intéresserait au dossier : «Quelles sont les raisons ?» Pour mieux cerner l’histoire, Haroun et son chef de train, Abdelkader Sid, cinquantenaire, syndicaliste dans la même unité, nous renvoient aux protestations de 2011. «Afin d’améliorer le salaire des anciens travailleurs qui n’ont pas de niveau ou qui n’ont pas réussi leurs examens, nous avons organisé en 2011 une grève et demandé à la direction de comptabiliser leurs années d’expérience et elle avait accepté. Nous sommes sortis avec une nouvelle grille. Vous avez les grades sur la verticale auxquels vous ne pouvez y accéder qu’après formation et examens et les échelons à l’horizontale de l’autre, dont ces derniers pouvaient tirer bénéfice en fonction de leur nombre d’années d’expérience. Un échelon est égal à deux années de travail. Cette règle a non seulement été appliquée avec effet rétroactif, mais aussi a été élargie à tous les fonctionnaires de la SNTF», explique Sid Abdelkader. Haroun ne s’arrête pas là et précise : «Il faut savoir que tous les travailleurs sont rémunérés non seulement pour leurs échelons cumulés, mais aussi pour l’indemnité expérience professionnelle (IEP) ou ce que nous appelons la prime de l’ancienneté. Donc, ils bénéficient de deux mêmes primes en même temps, ce qui est contraire à la loi. Nous avons fermé, à l’époque, les yeux sur cette question, car la situation financière du pays était confortable, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, surtout avec le déficit qu’enregistre la SNTF.» Classification Donc, pour les deux syndicalistes, le problème de déroulement de carrière a été réglé. Alors de quelle comptabilisation des années d’expérience parlaient les travailleurs qui saluent les nouvelles augmentations ? Ce qu’il faut comprendre, c’est que dans la grille des salaires de base des travailleurs de la SNTF, dont El Watan Week-end s’est procuré une copie, il y a cinq catégories désignées par des lettres (de A à E). Chacune d’elles compte de 4 à 6 niveaux. «Pour y accéder, un travailleur doit non seulement avoir les aptitudes requises, faire une formation et pouvoir réussir l’examen», explique Abdelkader. Ces salaires de base vont de 18 500 DA pour la toute première catégorie A1 jusqu’au plus gradé des travailleurs E6 qui touche quant à lui un salaire de base équivalent de 42 000 DA. Enu même temps, avec le système d’échelon, un travailleur de la même catégorie, dont on peut prendre l’exemple d’un aide-conducteur qui lui est à la catégorie A5. Ce dernier touche un salaire de base de 22 400 DA. Un autre travailleurs de la même catégorie mais qui comptabilise 30 ans d’expérience a un salaire de base de 32 400 DA, soit 10 000 DA de plus ou presque 50% de plus du salaire d’un débutant. Deux ans plus tard, les chefs de train ont manifesté à leur tour leur mécontentement et ont organisé une grève pour demander «une classification des postes». «Si quelqu’un réussi le concours de conducteur, il est directement catégorisé en B3. Si l’expert prend en considération ses attributions physiques, morales, les décibels du bruit, les risques, les heurts et les traumatismes psychiques causés par les suicides dont nous sommes témoins ainsi que notre régime de travail particulier, il peut se dire qu’au lieu de le mettre à la B3, il le placera à la C3. Mais cette classification des postes est valable pour les 13 000 fonctionnaires que compte la SNTF et c’est ce que nous avons revendiqué dans notre grève en mai dernier», précise Haroun. Protocole d’accord En effet, en mai dernier, les conducteurs ont décidé à leur tour de renouer avec la rue pour revendiquer ladite classification après que le mouvement de leurs collègues, les chefs de train «ait échoué». «Le mouvement des neuf jours avait abouti à la signature d’un protocole d’accord entre nous et l’entreprise sur ce nouveau système de grille. L’entreprise avait engagé un expert pour l’étude du dossier et lui avait donné un ultimatum de trois mois. Sauf que nous n’avons toujours pas connu ses conclusions», s’indigne Abdelkader. La section syndicale dont Haroun et Abdelkader étaient membres et qui avait organisé la protestation des neuf jours avait été gelée par l’UGTA. «Nous avons été non seulement gelés du syndicat mais suspendus aussi. Ce n’est qu’après protestation des travailleurs que nous avons été réintégrés», se rappelle-t-il. Le rapport qu’ils évoquent «n’avait été remis à la direction de la SNTF que six mois plus tard», selon les déclarations des deux syndicalistes. «Il n’y a que la fédération qui l’avait vu. Cette dernière avait refusé ses conclusions sans qu’elle consulte ni les syndicalistes ni même les travailleurs, s’emporte Haroun. Pourquoi donc la FNC n’avait pas associé les travailleurs dans sa décision ?» Sauf que la fédération avait conclu un autre protocole d’accord, dont El Watan Week-end détient une copie. Ce dernier traite essentiellement trois points : «Le déroulement de carrière sous titre provisoire avec effet rétroactif du 1 janvier 2015, le prolongement de la grille des échelons de 15 à 20 échelons et la finalisation du dossier de classification des postes pour tous les services de la SNTF», lit-on sur ce protocole d’accord entre direction générale, FNC et UGTA, signé le 30 octobre dernier et qui nous a été remis par la FNC. Augmentations «C’est un scandale. La direction et la FNC ont décidé de comptabiliser les années d’expérience non en échelons, mais en catégories. Donc, un aide-conducteur peut être payé mieux que son chef. Où est la logique ici ?» se demande Haroun. Pour lui, «ces augmentations sont non seulement  injustifiées, car les échelons existent déjà, mais cela relève du vol de l’argent public». «La direction et la fédération savent que c’est illégal. Sinon, je les défie d’inscrire ces augmentations dans la convention collective, insiste Abdelkader. Cela veut dire que personne ne fera de formation et ne passera d’examen du moment qu’il peut attendre quelques années pour monter en grade.» Joint par téléphone, le directeur des ressources humaines de la SNTF, M. Aouchiche, avoue «ignorer les revendications des protestataires». «Je ne sais pas ce qui s’est passé, assure-t-il. Nous n’avons pas reçu leurs revendications, car je pense qu’ils ne sont pas passés par leur syndicat.» Sur le déroulement des carrières décidé par l’entreprise, le DRH semblait «être gêné» et «n’avait pas souhaité répondre à la question» : «Vous m’avez posé des questions sur la grève et je vous ai répondu», ce qui n’était pas le cas du conseiller du directeur général, Abdelouahab Aktouche : «Je pense que les grévistes voulaient manifester leur ras-le-bol quant au retard constaté sur la mise en place du système de classification des postes. Nous avons commencé ce travail au niveau de la DRH. Il est encore en cours.» Sur la nouvelle grille, le conseiller argumente : «Je ne saurais vous l’expliquer personnellement. Ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a une évolution en échelon en fonction des années d’expérience accumulées par les travailleurs. Mais ils sont tous concernés par la régularisation.» 30 octobre Nous étant déplacés le jour de la protestation à la FNC, le membre du syndicat qui nous avait reçu, en l’occurrence Ahmed Ladjal, s’était contenté de qualifier les grévistes de «minorité jalouse des acquis de la FNC». «Ces gens se demandent pourquoi ce ne sont pas eux qui ont conclu cet accord avec la SNTF. Ils tentent, à travers leur action, de nous mettre la pression afin de les réintégrer dans le syndicat, se défend Ahmed Ladjal. Demandez aux travailleurs, ils sont tous satisfaits. De plus, nous et la direction n’avons jamais fermé les portes au débat. Pourquoi alors ont-ils recouru à la grève ?» Et d’ajouter : «Nous remercions la direction de la SNTF et la centrale syndicale, à sa tête son président, Abdelmadjid Sidi Saïd.» Abdelkader Sid appelle à l’ouverture d’une enquête sur cette affaire de déroulement de carrières décidée le 30 octobre dernier en commun accord entre la FNC et la direction de la SNTF. «Dire que nous sommes une minorité insignifiante est déjà une atteinte à tous les cheminots qui ont participé à la grève des neuf jours en mai dernier et qui ont gelé tout le réseau ferroviaire national, rétorque-t-il. De plus, nous nous sommes pas adressés à la FNC mais aux pouvoirs publics, leur demandant l’ouverture d’une enquête sur la gestion des ressources humaines au sein de notre entreprise. Quant à la fédération, nous l’accusons d’être derrière le détournement de notre protocole d’accord qui se base sur les compétences et responsable de l’anarchie pour acheter le silence des travailleurs.» Et d’ajouter : «Nous concernant, nous étions des grévistes le jour de la protestation. Et que faisaient ceux qui sont venus soutenir la FNC ? N’avaient-ils pas abandonné leurs postes ? Ont-ils été sanctionnés pour ça ? Mais la première erreur revient à la direction qui n’avait pas remis aux travailleurs les conclussions du rapport de l’expertise.» Les questions que posent les grévistes n’en finissent pas : «Comment le DG de la SNTF, Yacine Bendjabalah, a accepté un déroulement de carrière de ce genre ?» Nos deux syndicalistes persistent et assurent que l’objectif commun de la FNC et de la direction est «de conclure l’accord de partenariat avec la SNCF avorté par leur syndicat l’année dernière». «Il ne peut y avoir d’autres raisons plus valables pour justifier de telles dépenses», expliquent-ils. Orientations économiques En effet, selon le protocole d’accord signé en mai 2015, entre la SNTF et la SNCF, dont El Watan Week-end détient une copie, il a été mentionné un partenariat dans les domaines suivants : «Le domaine de la formation sur les nouvelles technicités, l’ingénierie ferroviaire, le transport des voyageurs et celui du transport fret et logistique», lit-on sur le même protocole d’accord. «Nous avons été convoqués par Boudjema Talaï, l’actuel ministre des TraÒ‹nsports, pour prendre part à une réunion non officielle et discuter de ce partenariat avec la SNCF. Nous lui avons expliqué les raisons de notre refus et nous ne sommes pas arrêtés là. Nous lui avons proposé tout un plan de redressement de l’entreprise sans même recourir à un quelconque partenariat. Comme ils savent que nous sommes le dernier front contre la privatisation de la SNTF et que nous pouvons mobiliser, ils ont fini par nous geler. Nous savons aujourd’hui qu’à travers ces augmentations inexpliquées, le directeur avait réussi finalement à convaincre la FNC», s’indigne Haroun. Et d’ajouter : «Je suis un patriote et je crois en mon combat syndical comme me l’ont appris les anciens qui ont appris de Aïssat Idir et ses camarades. Avec ses bénéfices, la SNTF ne peut même pas aujourd’hui couvrir 25% de sa masse salariale. Mais nous leur lançons un défi comme nous l’avons fait pendant les années du terrorisme. Abandonnez le projet de la privatisation de la SNTF et nous nous engageons à doubler d’efforts pour relancer l’entreprise. Les entreprises publiques, qui sont un acquis du peuple, ont été libérées par nos aïeux martyrs comme mon père. C’est à nous de les préserver maintenant. Les pouvoirs publics doivent agir en urgence, sinon c’est tout l’Etat algérien qui sera privatisé, notamment après les dernières orientations économique décidées par le pouvoir.»  

Notre partenariat avec la SNCF ne concerne que le volet formation

- Les grévistes affirment que les échelons existent déjà et ne comprennent pas pour appliquer cette nouvelle grille que vous appeliez le déroulement de carrière ? En tant que directeur général de la SNTF, j’ai 12 500 cheminots, toutes fonctions confondues, qui demandent ce déroulement de carrière. De plus, ils sont appuyés par leur syndicat, légalement reconnu. Les conducteurs, eux, ne sont que 200 avec un syndicat gelé et, malgré tout, ils veulent à tout prix imposer leur proposition. Que voulez-vous que je fasse ? La revendication du syndicat est logique, car l’entreprise a reconnu son tort pour celui qui a 20 ans  d’expérience et qui n’a pas avancé en grade. Nous ne voulons pas ruiner la SNTF. Nous avons étudié nos capacités financières et nous avons jugé qu’il est possible de le faire. Il faut savoir que nous avons satisfait 99% des cheminots qui sont aujourd’hui tous contents. - Concernant l’histoire des échelons et celle de la prime d’ancienneté (IEP), est-il normal de toucher deux primes en même temps ? Ce n’est pas normal. C’est ce que je vous dis. Nous sommes en train d’ajuster beaucoup de points. Nous avons constaté que nous avons des travailleurs qui exercent un métier sans grade. Nous sommes obligés de leur faire passer un examen. S’ils l’acquièrent, tant mieux, sinon ils n’auront que des échelons comme augmentation. De plus, il faut demander aux grévistes s’il est logique de toucher un montant forfaitaire pour un travail qu’ils n’ont pas accompli ? Ils sont payés pour 36 heures, mais, ils ne les font pas en réalité. Donc, nous allons les enlever et corriger l’erreur. - Les grévistes vous accusent de vouloir acheter le silence des travailleurs pour concrétiser l’accord de partenariat avec la SNCF et privatiser l’entreprise… De quelle privatisation parlent-ils ? Et qu’avons-nous vendu ? Ce sont des slogans vides et des paroles en l’air. Tout ce qu’ils disent est faux. Nous ne pouvons permettre la vente d’une quelconque partie de l’entreprise. Quant à notre partenariat avec la SNCF, il ne concerne que le volet formation. Nous avons construit une nouvelle école de formation et avons sollicité la SNCF pour former des Algériens dans des technicités que nous ne maîtrisons pas. Nous construisons de nouvelles gares et nous avançons sereinement dans nos projets. Ce sont des gens pareils qui nous empêchent de progresser.

La CNDDC organisera demain une marche pour les libertés fondamentales

Tahar Belabès, leader du mouvement des chômeurs, vient d’introduire un pourvoi en cassation contre le jugement par contumace du tribunal de Ouargla le condamnant à deux mois de prison ferme. Notifiée lundi via le parquet, «cette condamnation marque un tournant», selon la coordination nationale de défense des droits des chômeurs qui dénonce dans trois communiqués consécutifs «les pressions des pouvoirs publics sur les militants des droits de l’homme». La CNDDC condamne la montée en puissance de la machine judiciaire qui a opéré une série de convocations de la police judicaire visant à auditionner plusie urs leaders et orateurs des dernières manifestations pacifiques régulièrement organisées depuis début septembre à Ouargla et Hassi Messaoud. Selon les communiqués rendus publics, ces dernières semaines «la répression s’est élargie dernièrement à de simples activistes ayant participé aux marche via des intimidations administratives et des menaces de licenciements que la CNDDC dénonce fermement», y lit-on. Le  mouvement des chômeurs ne compte pas en rester là. Ralliant une démarche citoyenne d’un groupe d’intellectuels affiliés au café littéraire de la ville de Ouargla, qui organise un débat sur «L’intellectuel et le pouvoir», samedi, des militants ont lancé une campagne appelant à une célébration en bonne et due forme de la Journée internationale des droits de l’homme, coïncidant avec le 10 décembre. Une occasion de plus pour investir la rue et mobiliser les citoyens à propos des thématiques d’actualité telles que les mesures d’austérités prônées par le gouvernement, la répression des activistes des droits de l’homme et le gel de projets structurants à travers le pays, et notamment les wilayas du sud «dont la marginalisation prend les allures d’une punition collective», affirmait Tahar Belabès lors de la marche du 24 novembre dernier à Ouargla, appelant le gouvernement à dégeler les projets de CHU et le dernier tronçon du linéaire du tramway stoppé en plein milieu de l’avenue de la République en lieu et place de Souk El Hedjar. Colère et indignation marquent cette dynamique qui prend désormais la dénomination de Mouvement du 24 novembre, alliant à la fois le soucis exacerbé par des factures d’électricité exorbitantes à la fin de l’été à travers plusieurs villes du Sud comme Adrar, In Salah, El Oued, Biskra et Ouargla, où des manifestations ont tourné à l’émeute et suscité une réaction du ministre de l’Intérieur qui avait annoncé, en octobre dernier, la création d’une commission restreinte «pour examiner la possibilité de réduire les factures d’électricité pour les populations du sud, notamment durant l’été». C’est d’ailleurs dans ce sens que la direction générale du groupe Sonelgaz a présenté une proposition de solutions, incluant une augmentation du nombre de kilowattheures concernés par des tranches à tarif réduit afin de soulager la facture énergétique des populations du Sud pendant la canicule. L’information a été confirmée, mardi dernier, par le directeur de la Société de distribution d’électricité du centre SDC de Ouargla, en marge des portes ouvertes organisées à l’agence de Chorfa.