vendredi 24 juin 2016

Le directeur de Kbc mis sous mandat de dépôt

Le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed (Alger) a décidé de mettre trois personnes sous mandat de dépôt, dans le cadre l’affaire dite des autorisations de tournage. Il s’agit de Mehdi Benaissa, directeur de KBC, Riad Hartouf, directeur de la production dans la même chaîne et Monia Nedjai, directrice au niveau du ministère de la Culture, chargée des autorisations de tournage, a rapporté El Khabar ce vendredi.    Le président du Conseil d’administration d’El Khabar Zahr Eddine Semati sera entendu comme témoin. 

Blida : une dizaine de blessés dans l’incendie du centre commercial "Top Shop"

Un incendie s'est déclenché ce vendredi à la mi-journée dans une partie de Top Shop, un centre commercial situé à Blida connu dans toute la région centre du pays. Selon la Protection civile, cet incendie, qui a provoqué un grand mouvement de panique à l’intérieur du centre, mais aussi à l’extérieur à cause des grosses fumées, a provoqué des blessures légères à une dizaine de blessés. Heureusement qu’il n’y avait pas assez de monde à l’intérieur de cette grande surface au moment des faits, ce qui a facilité l’évacuation des clients et éviter les grandes bousculades. Les feux, maîtrisés quelques heures après par les sapeurs-pompiers, seraient causés par un court-circuit. Dans la nuit de mardi à mercredi, un autre incendie a ravagé une partie de l’administration du Bneder, un bureau d’études étatique spécialisé dans le développement rural, situé au centre de Blida. Les flammes avaient réduit à néant les archives de ce bureau sans pour autant faire de victimes.       

Les déchets ménagers augmentent jusqu'à 40% durant le Ramadhan

Les déchets ménagers collectés par l'entreprise NETCOM au niveau de 26 communes depuis le début du Ramadhan ont atteint 21.500 tonnes soit une hausse de 30 à 40% par rapport aux autres périodes de l'année, a indiqué la responsable de la communication et du développement à NETCOM, Nassima Yakoubi. "2.000 tonnes de déchets ménagers sont collectés au quotidien durant le Ramadhan soit une hausse de 500 tonnes par rapport aux autres jours de l'année", a précisé la responsable à l'APS. En vue de palier cette situation, Mme Yakoubi a rappelé les mesures prises pour améliorer la gestion de la collecte des déchets et le nettoiement des chaussées et voix publiques surtout qu'il s'agit, selon elle, de résidus organique dont la dégradation rapide est à l'origine d'odeurs nauséabondes". Pour une gestion optimale et un transport aisé des déchets vers les CET de Hamici (Zéralda) et Corso (Boumerdes), NETCOM a réuni tous les moyens humains et matériels en mobilisant durant le Ramadhan "5.400 agents et 368 camions dont 170 camions à benne". 


Groupe EL Watan : Le déménagement retardé

Après 15 ans d’efforts et de construction, pour arriver enfin à achever les travaux de réalisation du nouveau siège du groupe de presse El Watan, sis aux Ruisseaux, la direction du journal a enfin décidé d’entamer le démergement depuis la maison de la presse Tahar Djaout.   L’opération du déménagement a commencé durant la nuit du mercredi à jeudi. Une bonne partie du mobilier et du matériel informatique a été transférée et installée au nouveau siège. Mais hier, jeudi en début de soirée, les éléments de l’équipe chargée du déménagement poursuivaient leur opération. Une autre équipe, qui était aussi chargée du matériel depuis les anciens locaux du journal à la maison de la presse, est arrivée près du nouveau siège pour décharger le matériel. Il est 21h45, lorsqu’un «élu» de l’Assemblée populaire communale (APC) de Kouba arrive devant l’entrée et bloque l’accès au siège avec son véhicule. Sans aucun document en sa possession, il demande au personnel qui était sur place «d’arrêter le déménagement sans avancer aucun argument», raconte un cadre du journal. Quelques minutes plus tard, c’est la police qui a pris le relais et a bloqué à son tour l’entrée à l’immeuble. Une dizaine de voitures de police ont encerclé le nouveau siège d’El Watan. Quand le directeur du journal, Omar Belhouchet, arrive sur place, l’officier chargé de cette «opération» lui a signifié «qu’ils doivent interrompre l’opération de déménagement». Motif avancé : «Une partie du parking est en litige». Le directeur explique : «Effectivement, il y a une partie du parking qui est en litige avec les autorités. Mais hier soir (ndlr jeudi), on s’est engagé avec le wali délégué de Hussein Dey et le P/APC de Kouba de séparer cette partie en litige avec une barrière et nous laisser  continuer le déménagement le matin». Aujourd’hui, vendredi, les autorités ont changé de ton, et durant la matinée, ils ont demandé à tout le personnel de quitter les lieux. Pour le moment, les journalistes et les équipes techniques travaillent dans les anciens locaux de la maison de la presse Tahar Djaout. Le directeur du journal est en contact avec les autorités locales (wali Hussein Dey et P/APC Kouba) en attendant la décision dimanche prochain.

khaled nezzar contre-attaque

«Le projet de loi portant devoir de réserve soumis aux députés est porteur d’une grave dérive liberticide», a déclaré le général-major à la retraite Khaled Nezzar au site AlgériePatriotique, hier, en réaction au vote prévu ce lundi des textes sur le droit de réserve des officiers de l’ANP. Les deux projets de loi, présentés mardi devant l’APN, concernent le statut des officiers de réserve et le statut général des personnels militaires. Selon Ghania Eddalia, ministre chargée des Relations avec le Parlement, qui les a présentés, ces deux textes de loi visent «les déclarations qui touchent à des secrets à même de porter atteinte à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale et l’unité de l’Armée nationale populaire (ANP), troublent l’ordre public ou compromettent les engagements internationaux de l’Etat algérien». «Les militaires, conscients de leur responsabilité vis-à-vis de la nation et du respect dû à la noble Armée nationale populaire, ne porteraient jamais atteinte ni à leur cohésion ni à leur unité», a indiqué hier au site d’information AlgériePatriotique Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense. «Ce projet de loi comporte une grave contradiction qui lui ôte toute légitimité, si bien que l’initiateur de ce texte (Nezzar cite ensuite le chef d’état-major, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, ndlr) veut, par le biais de cette démarche anticonstitutionnelle et antidémocratique, interdire aux anciens officiers de l’armée d’afficher leur opinion, alors que lui-même a ouvertement engagé à plusieurs reprises l’institution militaire dans l’arène politique». Pour illustrer cette tirade, Khaled Nezzar revient sur la lettre de félicitations adressée par le chef d’état-major et vice-ministre de la Défense à Amar Saadani et rappelle son soutien «politique de manière ostentatoire» au président de la République : «Le chef d’état-major de l’ANP a annihilé ce projet de loi avant même qu’il ait été conçu et soumis à l’appréciation de nos élus. Il a bafoué ainsi la tradition de l’ANP qui, lors de la Constitution de 1989 qui consacrait la démocratie, s’était retirée d’elle-même du Front de libération nationale pour garantir une compétition politique saine». «Il est dans l’intérêt du pays qu’ils (les députés, ndlr) ne compromettent pas l’avenir de la démocratie en adoptant un texte discriminatoire et exclusif qui menace la cohésion nationale», prévient l’ancien ministre de la Défense avant de cibler l’actuel chef d’état-major : «On sait que chez le militaire fruste et mégalomane, beaucoup plus que chez d’autres, sommeille le diable de l’aventure (…). Les efforts consentis par le pays pour la génération post-indépendance des officiers en général ont largement porté leurs fruits  (…), mais nous sommes-nous posé la question de savoir si, par les temps qui courent, notre sécurité et celle de nos concitoyens sont entre de bonnes mains ?» Et de poursuivre ses attaques à peine voilées contre le vice-ministre de la Défense : «on assiste à un ‘concept’ nouveau, faisant de la fonction militaire un nomadisme et une gesticulation de tous les instants. De même qu’on assiste à une boulimie effrénée dans la réalisation coûte que coûte d’équipements militaires au détriment de l’économie nationale. Ne sont-ce pas là des signes avant-coureurs d’une ambition démesurée ?» Secret Même côté opposition, les critiques fusent. Le chef du groupe parlementaire FFS, Chafaâ Bouaiche, regrette carrément le débat d’une telle loi à l’APN, car «ces projets de loi visent à créer un domaine réservé aux autorités publiques et à interdire tout propos critique sur la place et le rôle de l’armée dans le pays. Le devoir de réserve et la retenue ne devraient concerner que les violations du secret militaire dûment établi». Un  point de vue qui n’est pas partagé par les députés du FLN qui plaident pour l’approbation de ce projet de loi. «Ce texte doit être voté car il a pour objectif de garantir l’unité nationale et faire face à la main étrangère qui menace la stabilité du pays», a déclaré l’un d’eux à El Watan Week-end. «C’est un texte qui a pour objectif le musellement des militaires à la retraite. Le meilleur exemple est celui du général Benhadid qui est encore sous les verrous à cause de propos tenus à l’encontre du vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaid Salah», dénonce un gradé de l’armée en retraite.

Nadia Matoub, Veuve de Matoub Lounès : «Je suis prête à entrer en action»

Nadia Matoub. Le retour. Elle avertit contre le classement de la villa du chanteur. Elle dépose plainte contre Hassan Hattab. Elle promet de retourner à Taourith Moussa où elle était interdite depuis l’assassinat de son mari. - Depuis l’assassinat de Matoub Lounès, vos déclarations publiques se sont faites rares. Vous vous êtes retirée et aujourd’hui, nous avons l’impression que vous revenez pour remettre un peu d’ordre... Depuis 1998, je ne me suis pas totalement retirée. Mais peu de temps après, je me suis rendu compte que même si je parlais, personne ne m’écouterait. C’était un constat. Il y a eu une campagne de dénigrement contre moi. En 2008, avec mon retour au pays, après cinq ans d’absence, je suis allée m’enquérir du dossier d’assassinat et de tentative d’assassinat. C’est là que j’ai vu que l’instruction s’était dirigée envers ceux qui étaient déjà en prison. Et c’est à cette époque que j’ai fait les démarches avec l’avocat Me Salah Hanoun, pour porter plainte conte X. C’est une façon d’ouvrir un autre dossier. Mon souhait était de reprendre toute l’instruction depuis le début. Mais ma plainte a été rejetée, car pour la justice, il s’agissait encore du même dossier. Je ne pouvais donc rien faire. Puis en 2011, il y a eu le procès. Mais ce que les gens ont tendance à oublier, c’est que je suis victime avec mes sœurs de cet attentant qui a visé Lounès. Ce n’était pas facile de se reconstruire et de savoir ce que je devais faire ou pas. Je ne me suis pas éloignée de la scène publique. De plus, les circonstances ont fait qu’on ne m’a pas trop laissé le choix. Je n’avais que 22 ans au moment des faits. Et ce n’était pas facile de remonter la pente. J’ai gardé un œil sur ce qui se passait autour de toute cette affaire. Il y a eu beaucoup de dérapages autour de la mémoire de mon défunt mari. Entre 2011 et 2016, c’était un moment de reconstruction. 18 ans, ce n’est pas aussi loin, même si je mesure le temps passé. Ma sortie actuelle est surtout motivée d’abord par la tentative de classement de notre maison à Taourirth Moussa, à Tizi Ouzou, comme patrimoine culturel local. Je me suis dit, si je n’ai pas su me défendre moi-même, il y a tout de même des choses qui ne doivent pas se passer. - Vous faites donc opposition au classement de la villa de Taourirth Moussa comme patrimoine national ? Je ne pouvais pas me taire. Notre maison comme patrimoine de l’Etat, non. Ce n’est pas normal. Ce qui n’est anormal, c’est que la direction de la culture de Tizi Ouzou décide de ce projet sans mon avis préalable, alors que je suis ayant droit. C’est incroyable. En avril dernier, j’ai déposé mon opposition auprès du wali et de ladite direction. Ce qui est bizarre dans cette histoire, c’est que lorsque j’ai été voir la directrice de la culture, en demandant un document officiel pour ce projet, je ne l’ai jamais eu, même si verbalement la directrice me l’a confirmé. Pour le moment, je n’ai toujours pas eu de réponse de suspension ou de suite à donner à ce dossier. Pour moi, en ma qualité d’ayant droit, tant que je n’ai rien signé, l’affaire est en suspens. - Qu’en est-il du patrimoine artistique et matériel de Matoub Lounès, d’autant que vous n’avez de relation ni avec la Fondation ni avec sa famille ? Tout ce qui concerne les droits d’auteur et autres héritages est soumis au principe de frédha. C’est très compliqué. Et là c’est un autre débat, mais je tiens seulement à préciser que j’ai été lésée dans mes droits. Entre notaires, éditeurs et l’Onda, des sommes faramineuses ont été déboursées, sans que je sache la destination des fonds. - Vous avez déposé plainte le 2 juin devant un tribunal d’Alger pour «assassinat et tentative d’assassinat» contre Hassan Hattab. Quel est le but de cette démarche, 18 ans, après l’assassinat de Matoub Lounès ? La démarche vise à essayer d’ouvrir une nouvelle instruction. Pour moi, la vérité n’a pas été faite. C’est un élément exploitable juridiquement. Hassan Hattab est quelqu’un qui a revendiqué l’attentat, mais n’a jamais été inquiété. Il se trouve actuellement sous la surveillance des autorités à Alger. - Pensez-vous que la justice algérienne accepterait d’ouvrir le procès du chanteur en convoquant Hassan Hattab qui a bénéficié d’une amnistie judiciaire en vertu de la loi sur la charte et la réconciliation nationale ? J’ai pensé que selon l’article 02 de la charte de la réconciliation nationale, ceux qui avaient du sang sur les mains n’en bénéficieraient pas. Et s’ils bénéficient de cette réconciliation, c’est très grave. Il faut reprendre les éléments dès le début. C’est pour cela que je vous dis que je veux une nouvelle instruction. C’est une façon de dire que nous n’avons pas oublié, et la vérité sur l’assassinat de Matoub Lounès ne sera pas enterrée. Le procès a traîné depuis des années. Nous pouvons faire plusieurs lectures par rapport à cela. Mais surtout je tiens à affirmer que je serai là pour relancer. Si cela n’aboutit pas, j’envisagerais d’autres pistes et si cela n’aboutit pas encore, cela traduit forcément un problème ou un blocage. Je ne sais pas qui est Hattab, il a seulement revendiqué l’attentat, et aujourd’hui, je porte plainte contre lui. Et j’ai délégué mon avocat Samir Sidi Saïd pour cette affaire. - Le procès sur l’assassinat de Matoub s’est tenu en 2011, mais celui-ci a été boycotté par sa famille ainsi que par vous-même. Un commentaire ? J’ai déclaré effectivement que j’étais vraiment déçue. En 2008-2009, j’étais auditionnée par le juge d’instruction chargé de cette affaire, qui nous avait promis de tout reprendre. Je pense qu’il y a des volontés individuelles qui veulent bien faire. J’ai bien compris cela plus tard. Mais il existe des ordres supérieurs, puisque quelque temps après on annonce un procès. - A ce propos, vous avez déclaré en 2008 que le dossier Matoub est politique et son règlement doit être politique. Que vouliez-vous dire ? Ma démarche actuelle se base sur des faits, je ne sais pas si je peux exclure ma démarche politique dans l’avenir. Hassan Hattab a revendiqué l’attentat, je veux savoir ce que la justice fera. Ma sœur blessée, qui était avec moi au moment des faits, a dit au juge d’instruction qu’elle était prête à identifier deux personnes. C’est un renseignement sans suite. Mais jamais des photos ne lui ont été proposées. - Désormais, pourra-t-on voir la veuve de Lounès Matoub organiser des hommages en sa mémoire ? En parlant d’hommage, il faudrait que les gens comprennent certains détails. Pour la première année de la commémoration de son assassinat, j’ai appelé à l’organisation d’un rassemblement à Paris. Et... j’ai été agressée verbalement et presque physiquement. On m’empêchait d’agir. A un moment donné, je tenais à faire des choses et j’ai compris que je dérangeais et je n’avais pas la force de me battre. J’ai même été menacée de mort. Et puis il y a aussi la grandiose propagande orchestrée autour de moi. On m’a causé du tort. Imaginez, perdre Lounès, vivre l’attentat et voir mes sœurs souffrir autant, et nier tout cela. C’était coup sur coup. Du statut de victime, on a essayé de me faire porter le chapeau de l’affaire. Dans la situation où je me trouvais, ma sœur et moi aurions dû être entourées et non attaquées. Je me suis toujours mise au service de la justice. Maintenant, après ces quelques années, je suis prête à entrer en action. - Nous avons l’impression que vous êtes aujourd’hui plus forte, prête à relever le défi et à casser toute les barrières mises sur votre chemin jusque-là... En tant qu’ épouse, celle dont Lounès était très proche et avec laquelle il voulait fonder une famille, me retrouver dans cette situation relève du roman fantastico-dramatique. Je n’ai pas compris comment nous en sommes arrivés là. Vous parlez de défi, moi je parle de continuité des choses. Nous pouvons lui rendre hommage de plusieurs façons. A Taourirth Moussa, où j’ai été empêchée de me rendre, je repartirai là-bas un jour. Mais je n’ai pas envie de forcer les choses et de me retrouver dans une confrontation. Le plus important pour moi est de préserver la mémoire de Lounès même s’il y a des tentatives de la détourner. Je suis partie intégrante de cette mémoire et je fais partie de ceux qui veulent en être les gardiens.