vendredi 24 février 2017

Une fillette libérée des griffes de son ravisseur par la police à Chlef

Une fillette de 5 ans, qui a été kidnappée hier jeudi à 15 h 20 à Ouled Ben Abdelkader, au sud-ouest de Chlef, a pu être libérée le même jour à 21 h et son ravisseur arrêté par la police. Une fois l’alerte donnée par le père de la victime, la police a aussitôt actionné son plan spécial enlèvement, parvenant ainsi à localiser rapidement l’auteur avec la fillette enlevée dans une zone montagneuse de la région sud d’Ouled Ben Abdelkader. Le ravisseur, âgé de 30 ans et originaire de la même localité, a tenté de s’enfuir mais il a été appréhendé par les forces de police mobilisées pour la circonstance. Quant à la fillette, elle a été retrouvée saine et sauve avant d’être soumise à des examens médicaux . Selon le service de communication de la sûreté de wilaya, l’agresseur a exigé au père de la victime le paiement d’une rançon contre la libération de son enfant. Le mis en cause sera présenté ce dimanche devant le procureur de la république près le tribunal de Chlef.  

Hassi Messaoud : La zone interdite

Hassi Messaoud, nom lié au pétrole, première richesse nationale, fait du surplace. Classée «zone à hauts risques» depuis déjà douze ans, la ville est devenue un périmètre où il est interdit de construire même des écoles ! A Hassi Messaoud, la capitale pétrolière du Sud algérien, rien ne peut être construit. La ville, qui s’est développée dans l’anarchie et qui est située à 630 km d’Alger, est figée dans l’espace et dans le temps. «Hassi Messaoud devrait ressembler aujourd’hui à une mégapole comme Dubaï. Ce n’est malheureusement pas le cas. On ne peut pas dire à un visiteur étranger que Hassi Messaoud est la capitale du pétrole en Algérie. Une capitale qui assure presque 40% du budget de l’Etat algérien !», a regretté le cinéaste Ahmed Rachedi, lors des Premières Rencontres cinématographiques de Hassi Messaoud, organisées à la mi- décembre 2016. Il n’y a ni gratte-ciel, ni Mall, ni palaces, ni grands espaces aquatiques, ni multiplex, ni grandes rues. Qu’a-t-on donc fait pendant cinquante ans ? L’aéroport ressemble à un hangar et la ville à un gros village moche. Les torches sont toujours là pour rappeler que Hassi Messaoud est la ville la plus riche et la plus chère d’Algérie. «Notre budget annuel est de 500 milliards de centimes annuellement. Nous ne sommes pas concernés par l’austérité. Nous ne dépendons pas des dotations de l’Etat», a confié Mohamed Yacine Bensaci, président de l’APC de Hassi Messaoud. Depuis avril 2005, le périmètre d’exploitation du gisement de Hassi Messaoud est classé «Zone à risques majeurs». Le périmètre est en fait la ville elle-même ! A l’époque, Ahmed Ouyahia, alors chef de gouvernement, a signé le décret exécutif 05/127 en application de la loi 04/20 du 25 décembre 2004 relative à «la prévention des risques majeurs et à la gestion des catastrophes dans le cadre du développement durable». L’article 4 du décret Ouyahia a interdit à l’intérieur du périmètre de Hassi-Messaoud «toute construction, réalisation ou investissement à caractère industriel, commercial, touristique ou agricole et, de façon générale, toute autre opération qui n’est pas directement liée à l’industrie des hydrocarbures». Est interdit également tout octroi de permis de construire et/ou de concession «qui n’est pas lié directement à l’industrie des hydrocarbures». Autrement dit, la construction d’une école, d’un hôpital ou d’un hôtel est interdite n’ayant pas de lien avec les activités pétrolières ou gazières. Seuls les titulaires de titres miniers ont le droit de réaliser des ouvrages à l’intérieur du périmètre mais sous plusieurs conditions techniques et sécuritaires. Résultat : la population de la ville, estimée à 120 000 habitants actuellement, a doublé depuis 2004, sans qu’aucune école ou un lycée ne soient construits. En 2011, une instruction présidentielle a été promulguée pour «débloquer» la situation d’une manière temporaire. «Mais ce texte n’a jamais été appliqué par les walis qui se sont succédé à Ouargla. Abdelkader Djellaoui, l’actuel wali, a décidé d’appliquer pour la première fois cette instruction qui autorise le lancement de projet en passant outre le gel, à condition que l’opération soit nécessaire, justifiée. Le pouvoir de décision revient au wali, lequel wali a décidé de construire une école primaire à Hassi Messaoud, la première depuis 2004. Cela peut libérer l’initiative. Enfin, on l’espère», soutient Maher Tliba, patron de ETTB (Tliba travaux publics), entreprise bien installée à Hassi Messaoud. Au rythme de la tortue ! «Il est question de construire une nouvelle ville avec toutes les infrastructures nécessaires. Les jeunes, par exemple, veulent avoir des espaces pour des activités culturelles ou sportives. Mais là, on ne peut rien faire. Le projet de la nouvelle ville est en cours de réalisation mais pas au rythme que nous voulons. Les habitants de Hassi Messaoud ne vont pas occuper les nouveaux logements de sitôt. Les constructions des habitations ont commencé mais pas les infrastructures vitales qui vont avec, comme les bureaux de poste, les écoles, les commissariats de police, les cliniques, etc.», a regretté le président de l’APC. Le siège du chef-lieu de la commune de Hassi Messaoud a été déplacé à Oued El Merâa, sur le territoire de la commune de Hassi Ben Abdellah dans la daïra de Sidi Khouiled. Depuis, c’est le provisoire qui dure. Le projet de la nouvelle ville avance au rythme d’une tortue malade depuis 2012 pour être achevé en 2020 ! Autrement dit, il existe un passage à vide entre 2005 et 2012 qui n’a pas d’explication. Pourquoi avoir gelé une ville et n’avoir pas pris toutes les dispositions nécessaires pour lancer les travaux de la cité du futur rapidement ? Quel est le manque à gagner ? Et où étaient donc les autorités lorsque Hassi Messaoud avait été construite sur un réseau de pipelines et de conduites, une véritable bombe à retardement ? Etaient-elles aveuglées par l’épaisseur de l’or noir et des billets verts ? Un établissement public à caractère industriel et commercial, EVNH, s’occupe de la nouvelle ville depuis 2008. Sur le papier, l’EVNH, qui dépend du ministère de l’Energie et des Mines, veut construire une nouvelle ville sur le modèle d’une oasis urbaine qui fonctionne à l’énergie solaire et éolienne. Un schéma établi par un bureau d’études sud-coréen. Depuis l’été 2015, des travaux d’aménagement ont été lancés avec un programme de 2000 logements confié à une entreprise chinoise. Le décret de 2005 prévoit des expropriations «pour cause d’utilité publique». Le même texte a autorisé à titre transitoire l’achèvement de la construction de 100 logements AADL à l’intérieur du périmètre. Des logements qui seront détruits après puisque la zone est reconnue «à haut risque» ! A-t-on fait une estimation de la perte là aussi ? Selon l’EVNH, la nouvelle ville, dont le coût global demeure toujours inconnu, sera située dans la région de Oued El Marâa, à 80 km de l’actuelle Hassi Messaoud, de Ouargla et de Touggourt, à équidistance avec un double périmètre d’urbanisation et d’extension de plus de 3000 hectares. Plus de 20% de la superficie de la future ville seront réservés aux espaces verts avec une bande fraîche de 6 km destinée notamment à protéger la nouvelle cité de l’ensablement. Ce qui est déjà une belle idée pour cette zone désertique, surtout que des points bleus sont prévus dans les espaces publics de la nouvelle ville. Ville écologique Et 35% de la future ville seront consacrés aux zones résidentielles, avec tous les équipements publics qui vont avec. «Ne construisez pas comme à Bab Ezzouar !», a conseillé Abdelmalek Sellal, Premier ministre, lors de sa visite de travail dans la région en avril 2015. Mais la New Hassi Messaoud, une ville écologique, ne sera ni Dubaï, ni New York, ni Saô Paulo. La vision est certes futuriste, mais l’ambition limitée. Trop limitée même. La nouvelle ville aura, selon le projet de l’EVNH, quatre gros quartiers habités par au maximum 80 000 habitants (les immeubles prévus ne dépassent pas les trois étages). Un centre- ville est prévu avec une grande esplanade, des commerces, des hôtels, des structures de loisirs et de culte et des institutions publiques. L’entreprise publique Cosider et quatre de ses filiales sont chargées de réaliser les voies et réseaux divers (VRD) au niveau d’une Zone d’activités logistiques (ZAL) qui, plus tard, sera le lieu de construction des administrations publiques et d’infrastructures économiques, sociales et culturelles. La ZAL, qui s’étend sur 1000 hectares au sud de la nouvelle ville, est située à côté de la RN3 et à proximité de la future ligne ferroviaire Hassi Messaoud-Touggourt. Les travaux doivent, théoriquement, être achevés la fin 2018. Pour Mohamed Yacine Bensaci, le futur de Hassi Messaoud sera également agricole et touristique. «De la grande ferme de Gassi Touil sortiront des tonnes de céréales dans les prochaines années. Le puits historique de Messaoud Rouabah sera bientôt un endroit touristique à visiter. Nous menons actuellement des travaux d’aménagement avec une enveloppe de 6 milliards de centimes. Nous voulons que le futur visiteur de Hassi Messaoud ait un repère. Les Rencontres cinématographiques auxquels nous avons participé prouvent que la ville peut être un pôle culturel aussi», a-t-il estimé. Il a rappelé que la région rassemble le nombre le plus élevé de techniciens et d’ingénieurs algériens. Les grands groupes pétroliers y sont également installés, comme Halliburton, BP, Anadarko, Sonatrach... «Nous voulons profiter de leur présence pour réfléchir à des projets d’avenir pour la région. Nous voulons par exemple développer le tourisme culturel. Nous en avons les moyens même si l’infrastructure hôtelière est encore faible. La plupart des sociétés pétrolières ont leurs bases vie ici», a relevé Mohamed Yacine Bensaci. Hassi Messaoud, qui n’a aucune salle de cinéma, ni une salle de théâtre,s ni une galerie d’art, possède cinq hôtels privés. Une dernière question : pourquoi ne pas faire déplacer le siège social de Sonatrach d’Alger vers la nouvelle ville de Hassi Messaoud ? De cette manière, Hassi Messaoud méritera le titre de capitale du pétrole...

Nous avons lancé une réflexion sur la réforme syndicale

C’est en quatre étapes que nous pouvons résumer le bilan de l’UGTA depuis sa création. A commencer d’abord par avant l’indépendance lorsqu’elle a été conçue et a participé à la Révolution, puis au lendemain de l’indépendance en 1962, lorsqu’elle a participé à la construction. Vient ensuite l’épate de la consolidation des biens sociaux dans les années 1970. C’est dans les années 1980 qu’un virage important vient changer la donne pour la centrale qui devait absolument sortir du système de socialiste et s’adapter à la situation de l’époque et être sous le parti unique. Dans les années 1990, c’est plutôt une responsabilité sécuritaire qui vient s’imposer avec aussi la société civile pour la sauvegarde de l’Etat et de la République. Et c’est aussi à partir de cette étape-là que la centrale syndicale a encouragé et plaidé pour le pluralisme syndical. Le schéma est clair aujourd’hui : les syndicats autonomes sont plus présents dans les secteurs de la Fonction publique, mais nous y sommes aussi. On partage avec eux cette corporation, comme l’éducation, l’enseignement et la santé. Par contre, nous sommes majoritaires et plus présents dans le secteur économique public, mais c’est le secteur économique privé qui est verrouillé, où nous sommes à un degré faible, alors que les syndicats autonomes sont inexistants. Et pourtant, la loi le permet ! des conventions ont été pourtant signées suite à la dernière tripartite entre les organisations patronales et la centrale. L’accord de principe a eu lieu, mais nous ne sommes pas arrivés à un résultat. Rien n’a abouti. Nous sommes donc dans une période d’apprentissage par rapport à cette nouvelle donne, d’où le lancement d’une réflexion au niveau de l’UGTA sur la réforme syndicale. Autrement dit, étant donné, la conjoncture politique, économique et sociale a changé, la méthode d’une défense syndicale doit aussi être modifiée. Nous devons changer de priorité. Notre façon d’agir doit se transformer même si le fondement syndical doit être figé et inchangeable.

Carnet de bord des législatives 3

Samedi : Amara Benyounès, ancien ministre et président du Mouvement populaire algérien (MPA) en est certain : «Plusieurs partis disparaîtront. Ils n’arriveront pas à décrocher des sièges dans le futur Parlement, parce qu’ils n’ont pas d’enracinement populaire et n’apparaissent que lors des rendez-vous électoraux.»  A partir de Mascara, Benyounès n’a pas raté aussi l’occasion de s’attaquer à une partie de l’opposition : «Les partis et les personnes qui appellent les citoyens à boycotter les prochaines élections législatives cherchent à créer un vide politique dans le pays pour revendiquer une période transitoire. Quant à ceux qui ‘‘crient déjà ​à ​la fraude’’, ils n’ont pas une base populaire et n’ont aucune capacité à contrôler les urnes.» De son côté, le président Bouteflika envoie une lettre aux Algériens pour les «exhorter à exercer leur droit pour choisir leurs représentant en se rendant massivement aux urnes dans le cadre des garanties prévues par la Constitution et la loi consacrant le respect de leur choix libre et souverain». Massivement, hein ! Dimanche : Finalement, et sans surprise, Abdelmalek Sellal ne se présentera pas sur une liste électorale FLN à Alger. Seuls quelques ministres seront dans la course. Le Premier ministre ou le gouvernement en général n’ont pas réagi aux informations ayant circulé ces dernières semaines. Le RCD expose ses propositions sur les médias : soustraire les demandes d’agrément de la bureaucratie par la concrétisation du régime déclaratif, suppression du ministère de la Communication, instauration d’une autorité autonome de régulation de la presse écrite, lancement d’un programme transparent d’aides directes et indirectes à la presse écrite, publication sans délai de l’appel à soumission pour délivrer les agréments aux chaînes de télévision privées… Lundi : «Le parachèvement de l’opération d’installation de ses permanences à l’intérieur et à l’extérieur du pays dans les délais fixés et dans le respect de la loi», a annoncé la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), instance dirigée par un ancien dissident islamiste reconverti en ministre et en ambassadeur il y a quelques années. On lit aussi dans ce communiqué que la HIISE rappelle «sa détermination à accomplir ses missions constitutionnelles et à déployer davantage d’efforts pour garantir des élections intègres susceptibles d’apporter plus de sérénité et de stabilité». Quand on ne peut même pas consulter le fichier électoral, on devrait faire preuve de moins de lyrisme, n’est-ce pas ?! Mardi : Ahmed Ouyahia n’y vas pas par quatre chemins. «L’opposition met tout en doute, y compris les élections auxquelles la loi y afférente a donné de nombreuses garanties», a déclaré le patron du RND et directeur de cabinet de la présidence de la République sur les colonnes d’El Khabar. Ahmed Ouyahia a commenté la participation de businessmen aux élections sous les couleurs du RND : «Des hommes d’affaires qui ont fait des investissements grâce à leurs efforts. La chkara signifie l’argent sale qu’on doit dénoncer. Cela concerne le blanchiment de l’argent de la drogue et de la contrebande. On nous accuse de chkara parce que nous sommes un parti dans le convoi du pouvoir. L’opposition nous tire dessus. C’est la quatrième élection que je gère. Nous n’avons jamais refusé les hommes d’affaires.» Ouyahia revient sur la stratégie du RND face aux alliés «naturels», comme le FLN, en des termes qu’il affectionne : ça sera «tag âla men tag». A la guerre comme à la guerre. Mercredi : C’est le dernier jour pour s’inscrire sur les listes électorales. La campagne des autorités pour convaincre les Algériens d’aller s’inscrire dans leurs mairies a- t-elle porté ses fruits ? Selon l’APS, qui ne risque pas de dire le contraire, «les mairies ne désemplissent pas». On saura ainsi, par exemple dans la commune d’Alger-Centre, 88 nouveaux inscrits et 3020 radiés ont été recensés à la veille de la clôture de cette opération, selon Taouche Merzak, chef de service élection de la commune. On apprend que le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, cadre RND, ne participera pas aux élections. Quelle perte pour la démocratie, quel terrible recul pour l’histoire politique du pays. On en a les larmes aux yeux ! Dans la suite des propositions du RCD : la suppression des daïras «inutilement budgétivores en transférant leur personnel et les budgets correspondants au profit des communes qui sont dépourvues d’employés qualifiés». Le RCD souhaite «restituer aux communes le contrôle de la conception et de la réalisation de tous les projets à caractère local, quel que soit leur montant» et «redonner un pouvoir fiscal réel aux entités régionales et mettre en place un mécanisme transparent de redistribution des rentrées fiscales entre les divers échelons des collectivités». Pas faux. Mais ambitieux. Jeudi : On ne le dit pas souvent, mais l’important n’est pas la vérité en soi, mais la perception qu’on en fait. C’est ainsi qu’il faut lire les propos du ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui à Tizi Ouzou : «Ma réponse aux détracteurs qui attaquent notre pays est que l’Algérie est au-dessus de leurs commentaires (…) La leçon qui sera donnée par les citoyens aux détracteurs de l’Algérie s’exprimera à travers sa participation en force au prochain rendez-vous électoral, pour rappeler à cette minorité que l’Algérie est forte, unie et déterminée à aller de l’avant.» Limpide. Un autre est aussi catégorique, Ali Benflis chez TSA : «La prochaine Assemblée sera façonnée dans le moule de la fraude et nous ne pouvons pas cautionner la fraude qui ne se cache même plus et qui se pratique à ciel ouvert.» Ambiance.  

UGTA VS syndicats autonomes

Célébration aujourd’hui du double anniversaire de la création de l’UGTA et de la nationalisation des hydrocarbures. Etat des lieux. Aujourd’hui, à partir de la wilaya de Djelfa, les festivités officielles pour la célébration du double anniversaire du 24 Février, marquant la création de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) en 1956 et la nationalisation des hydrocarbures en 1971, seront lancées. On parle déjà d’un terrain que l’UGTA, en sa qualité d’instance représentant les travailleurs, peine à garder devant la pléthore de  syndicats autonomes. L’occasion pour la centrale syndicale de tenter de «consolider des acquis socioéconomiques». L’UGTA tient à rappeler «les acquis obtenus à la faveur de la nouvelle Constitution» et on n’évoque même pas cette situation de perte de terrain. Un schéma : la Fonction publique est partagée entre l’UGTA et les syndicats autonomes, la centrale syndicale est majoritaire dans le secteur économique public et les syndicats autonomes sont pratiquement inexistants avec peu de représentation de l’UGTA dans les entreprises privées économiques. Invisible ? Non, se défendent les membres de l’UGTA. C’est juste la méthode qui n’est pas la même lorsque nous intervenons sur le terrain. Amar Takjount, de l’UGTA, explique que la différence est dans la méthode d’agir. Autrement dit, l’UGTA encourage et emprunte la voie de la «sensibilisation et de la négociation». Les grèves ne mènent forcément pas à nulle part. Au contraire, il y a des sommes que l’Algérie perd à cause des divers débrayages, explique-t-il encore. Une explication pas trop acceptée par les syndicats autonomes qui affirment que les droits «s’arrachent». Le vice-président du syndicat de l’Entreprise du transport maritime des voyageurs (ENTMV), Karim Rili, affirme : «Nous sommes dans les secteurs les plus stratégiques : Sonatrach, Air Algérie, le transport maritime… Nous sommes très représentatifs dans le secteur économique public. Donc, nous sommes ‘‘très visibles’’ là où il faut.» L’UGTA ne ratera évidemment pas l’occasion puisque les festivités commémorant le 61e anniversaire de la création de l’UGTA et le 46e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures seront également «une occasion» pour mobiliser les citoyens «afin de faire des législatives du 4 mai un succès».  

La classe ouvrière algérienne paye le prix d’un syndicat bureaucratisé

Les ouvriers en général et les fonctionnaires en particulier ne sont pas dupes. A partir du moment que l’UGTA défend beaucoup plus les orientations du gouvernement que les intérêts sociaux professionnels des ouvriers, il va de soi que la base syndicale va se désamarrer du syndicat. Me vient à l’esprit la phrase d’un ami sociologue : l’UGTA est le porte-parole du gouvernement vers les ouvriers au lieu que ce soit le contraire. La centrale syndicale a montré ses limites, la classe ouvrière algérienne paye le prix d’un syndicat bureaucratisé et politiquement dépendant ; malgré le combat des syndicalistes à l’intérieur de la centrale auxquels il faudra rendre hommage qui luttent pour rendre l’UGTA plus revendicative et combative. Nous sommes moins présents dans le secteur économique, car nos responsables ne tolèrent pas un syndicaliste qui viendra dénoncer la corruption, la malversation, la mauvaise gestion ! Ils ne tolèrent pas la remise en cause de la disposition établie ! Aujourd’hui, tous les acquis arrachés sont la conséquence d’une lutte acharnée des syndicats autonomes depuis 2003 à ce jour. Pour certains dossiers, on s’est retrouvé face à deux adversaires, à savoir l’UGTA et le gouvernement. Aujourd’hui, les syndicats autonomes se déploient activement parmi les fonctionnaires, ils sont très près de leurs préoccupations et de leur vie dans les lieux de travail. Ils animent, renforcent et consolident leurs bases, ils les aident à renouer avec les assemblées générales. Ils initient des discussions et des délibérations. Mais la centrale syndicale, depuis sa récupération à l’indépendance par le parti unique à ce jour, pratique la philosophie de syndicalisme d’Etat. Dans le contexte économique actuel, ils vont agir comme un contre-pouvoir qui va permettre un certain équilibre entre les intérêts en jeu. Ils vont lutter pour une répartition équitable des bénéfices entre les patrons et les ouvriers. Ils vont mettre des mécanismes pour empêcher que les employés soient à la totale merci de l’employeur. Agir comme contre- pouvoir et aller dans un sens d’un débat contradictoire, avec la remise en cause de certaines décisions économiques qui nous ont menés droit vers le mur, je pense que le gouvernement ne voudra pas de ça, il préfère une uniformisation dans le débat et entériner les décisions prises à l extérieur de la tripartite.